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11 Juin 2020 | Profession
 

Épisode numéro 28 de la revue de presse des témoignages de buralistes à travers les régions (voir 10 et 9 juin). 

•• La jeune buraliste, qui a ouvert le 19 mai, a voulu donner un autre style au bar-tabac-presse de Sainte-Jamme-sur-Sarthe (2 000 habitants, 20 kilomètres du Mans), tout en bois naturel avec deux grands espaces – un à l’intérieur devant le comptoir et un autre dans une immense cour rénovée – accessibles aux clients depuis le 2 juin. Des espaces respectant ainsi facilement les mesures de distanciation.

Si, pour l’instant, l’activité PMU n’a pas repris, cette fille de buraliste a néanmoins gardé l’essentiel des services, à savoir le tabac, le loto, les jeux à gratter et la presse. « J’ai grandi dans le bar-tabac de mon papa et ai donc appris le métier à ses côtés. Je m’occupais de tous les services annexes au bar. Papa derrière le comptoir, et moi derrière le terminal de paiement », raconte-t-elle en souriant. « C’était un rêve d’avoir un établissement à moi toute seule  » (actu.fr).

•• Ce buraliste strasbourgeois n’en revient toujours pas. Pendant le confinement, son chiffre d’affaires a explosé de 100% grâce aux ventes de tabac et de cigarettes, « c’était vraiment hallucinant, la fermeture de la frontière ça a été le seul point positif de ce Covid » plaisante-t-il.

Mais ces deux dernières semaines, ses ventes ont chuté de 15%, avec la possibilité pour les travailleurs frontaliers de faire à nouveau leurs courses en Allemagne. Avec la réouverture totale de la frontière le 15 juin, il s’attend à perdre la moitié de sa clientèle de ces dernières semaines.

« À la place des clients, je ferais pareil » dit-il. Il en veut beaucoup plus aux politiques que les buralistes des régions frontalières tentent de sensibiliser depuis longtemps.

Car l’explosion de leurs ventes pendant le confinement, selon lui, a mis en évidence de manière criante le vieux problème de la fuite de leur clientèle de l’autre côté des frontières, l’évasion commerciale comme ils l’appellent. Le patron du bar-tabac espère un « sursaut politique pour ce qu’on demande depuis longtemps : l’harmonisation européenne des taxes » (France Bleu Bas-Rhin).

•• Léger progrès depuis ces derniers jours – coté presse – à Trébédan (424 habitants, 30 kilomètres de Lamballe) .

« Elle revient petit à petit et en toute petite quantité … Nous avons à présent deux fournisseurs, donc deux livraisons. Un livreur qui vient de Rennes, de l’ancienne SAD liquidée qui nous livrait avant, et l’autre qui vient de Villedieu-les-Poêles (Manche). Mais cette livraison n’arrive jamais avant 14 h ! Pas pratique pour vendre de la presse ! » précise la patronne du tabac-presse.

« C’est toujours un flou énorme avec aucun interlocuteur face à nous !  Je sais que dans les régions de Lyon et Marseille, rien n’est revenu … Certains gros éditeurs comme Prisma ont décidé d’envoyer en direct leurs magazines, c’est dire ! »

La reprise est très lente avec un peu mieux depuis huit jours : « nos invendus recommencent à être repris et crédités. Certains programmes TV sont revenus, les hebdomadaires tels que Femme actuelle, Maxi, France dimanche, Ici Paris, Voici… aussi, ainsi que les magazines de jeux » (Ouest France).

•• Fermé depuis mi-mars et ouvert seulement les week-ends les huit mois précédents, le bar-tabac du village de Larbroye (500 habitants, 30 kilomètres de Compiègne) accueille de nouveau les clients depuis lundi 8 juin avec un nouveau buraliste.

Natif de la commune toute proche de Noyon, il a pour projet d’ajouter une épicerie et un dépôt de pains aux services d’avant, dont la vente de pizzas.

« Je venais déjà ici étant gamin pour jouer au baby-foot » confie le patron, venu du domaine du transport. « Reprendre un tel établissement était un projet depuis longtemps. Mes beaux-parents étaient dans le commerce » (Le Courrier Picard).