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21 Avr 2020 | Profession
 

Épisode 34 de notre revue de presse des témoignages de buralistes dans les régions (voir 20, 19 et 18 avril).

•• Tout n’est pas rose dans les points de vente des buralistes de Pont-à-Mousson (à 30 kilomètres au nord de Nancy) car si la vente de tabac augmente (de 30 à 60 % selon les établissements), les autres activités se sont effondrées. Thierry Genevaux a dû fermer la partie bar : un manque à gagner de 20 à 30 % du total de son chiffre d’affaires.

• Quant à la Française des Jeux, « c’est plié » sourit amèrement Stéphane Wurtz, patron d’un tabac-presse. « Si les jeux de grattage se maintiennent, parier sur le championnat de foot biélorusse, le seul à continuer, ne passionne pas les amateurs de paris sportifs ». Le PMU est également à l’arrêt. La vente de journaux y augmente mais le nombre d’exemplaires disponibles est en baisse.

• Les établissements se sont équipés de vitres de protection. Certains sont équipés en bain de décontamination de la monnaie (L’Est Républicain).

•• À Domfront-en-Poiraie (commune de 4 000 habitants à l’extrême est de l’Orne), la vente de tabac permet de compenser la perte de revenu : « les gens qui fument, continuent de fumer pendant le confinement. En plus, le collègue du centre-ville est fermé depuis trois semaines. Donc automatiquement, cela se passe bien au niveau du tabac ». Côté presse, c’est la baisse générale, sauf pour les régionaux et les magazines pour enfants.

Il s’interroge sur les conditions du déconfinement et espère que les consommateurs retrouveront le chemin des commerces pour relancer l’économie : « ça ne va pas être facile. On est dans l’inconnu » (actu.fr).

•• Deux frères à la tête d’un bar-tabac-presse, à La Forêt-Fouesnant (à côté de Concarneau), ont trouvé une idée pour passer ce cap difficile. « Nous travaillons depuis longtemps avec la boulangerie de Saint-Evarzec. Alors, c’est tout naturellement que je leur ai proposé d’ouvrir un dépôt dans notre restaurant, qui est inutilisé depuis quatre semaines. Ça s’adresse principalement aux habitants du quartier et aux gens de passage, puisque nous sommes situés sur la route Quimper / Concarneau ». À condition de passer commande la veille.

Des commerçants ambulants viennent également s’installer sur le parking du restaurant, afin de proposer différents produits alimentaires. « Nous demandons à nos clients de respecter les règles de distanciation pour que ces activités puissent perdurer et apporter un peu de vie dans le quartier. Et puis, ça nous aidera probablement à tenir, en attendant des jours meilleurs. On a perdu 90 % de notre marge brute et nos quatre employés sont au chômage partiel. Il va donc falloir faire un prêt garanti par l’État pour ne pas couler » (Ouest-France).

•• « Notre établissement ne pensait pas devenir un lieu de service si important et indispensable en ces temps de confinement, que ce soit pour la presse ou pour le tabac. Nos clients nous sont reconnaissants d’être ouverts tous les jours pour eux » assurent les patrons d’un tabac-presse à Sainte-Cécile-les-Vignes (à 15 kilomètres au nord d’Orange).

Malgré la baisse de leur chiffre d’affaires (entre 30 à 35 %), « nous sommes là aussi pour être solidaires avec nos collègues commerçants, pour informer ce qu’ils mettent en place pour survivre » … comme ces produits d’un artisan fleuriste.

• Une poignée de clients seulement fréquente le bar-tabac de Fontaine-de-Vaucluse (à 8 kilomètres de l’Isle-sur-la-Sorgue) lors des trois jours d’ouverture, en matinée seulement.

Pour le buraliste, c’est aussi après la fin du confinement que les difficultés persisteront : « la reprise sera difficile, surtout si les restaurants ne sont pas ouverts. Ma clientèle est faite surtout de personnes âgées qui risquent de rester confinées et d’étrangers qui ne reviendront pas de sitôt. Cela fera que la saison estivale sera certainement une saison quasi blanche qui mettra aussi en difficulté tous les commerces du village  » (Vaucluse Matin).

•• « J’ai moitié moins de clients mais le panier moyen a doublé car au lieu d’un ou deux paquets de cigarettes, ils prennent une cartouche » reconnaît une buraliste à Cazilhac (à 5 kilomètres de Carcassonne) .

« Les ventes de mots fléchés et autres ont doublé car les gens passent leur confinement comme ils peuvent. Les services sont les mêmes, mis à part le relais colis qui a cessé ».

« On se sent abandonné, on a du mal à faire cesser les prélèvements Urssaf, la sécu ; pour les remboursements personnels n’en parlons même pas. On a du mal à s’approvisionner en timbres, à déposer nos espèces en banque, mais tous les prélèvements se font comme d’habitude. Bref c’est le système survie » (La Dépêche du Midi).