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19 Avr 2020 | Profession
 

Épisode 33 de notre revue de presse des témoignages de buralistes à travers les régions (voir 18, 17 et 16 avril).

•• Assurer l’information des citoyens et proposer des produits de première nécessité, pendant cette période de confinement, étaient les premières motivations de ces deux buralistes du tabac-presse de Bouzonville (Moselle, à la frontière allemande, 4 000 habitants ).

« Mais l’explosion des ventes de tabac a apporté un élément nouveau » assure l’un d’eux. « À la suite de la fermeture des frontières, nous avons dû nous réapprovisionner à toute vitesse afin d’éviter la rupture de stock. De plus, nous ne pouvions plus fermer. Nous étions les seules sources d’approvisionnement ».

« Nous, les buralistes, pensons qu’il est dommage qu’en temps normal la fiscalité s’évade, alors qu’une politique européenne permettrait de garder ces ressources en France » poursuit-il.

En cette période de crise, ces buralistes proposent donc, tout particulièrement, les produits dits de première nécessité : presse, timbres postaux, timbres fiscaux, bien sûr. Mais aussi, « les ramettes de papier qui permettent d’imprimer ou de rédiger les autorisations de déplacement. En soutien des pharmacies, du gel hydro-alcoolique est disponible. Des kits de coloriage qui permettent d’occuper les enfants à la maison, aussi » (Le Républicain Lorrain).

•• Durant le confinement, le bar-tabac-restaurant d’Habarcq (650 habitants, à 15 kilomètres d’Arras) a ajouté, à ses services traditionnels, une fonction de petite épicerie. « Nous nous diversifions par obligation, pour nous maintenir à flot. Nous avons eu de la demande de gens qui ne veulent pas aller dans les grandes surfaces, qui craignent de faire la queue. »

Des produits du quotidien et de première nécessité (farine, levure, huile, lait, boissons, pâtes, charbon de bois, …) sont ainsi disponibles sur place, désormais.

La buraliste souligne la solidarité des commerçants et artisans du secteur qui l’ approvisionnent. De même, elle tient à remercier ceux qui la font travailler : « des personnes soutiennent encore le commerce de proximité, certaines viennent exprès chez nous prendre leur carburant ! Elles ont bien conscience que si nous fermions, le village serait mort » (La Voix du Nord).

•• À Lens, alors que certains ont baissé le rideau le temps de la crise, d’autres continuent d’ouvrir quotidiennement. « Ce n’est pas facile en ce moment. Les rues sont très calmes, et il y a beaucoup de stress. On fait très attention, on javellise régulièrement les surfaces » assure un buraliste installé ici depuis deux ans .

Philippe Morlet tient, depuis deux ans aussi, La Civette. Quand on lui demande s’il remarque une augmentation des ventes, il répond par la négative, « ça concerne plus ceux qui sont aux frontières, nous, à Lens on est loin. Il n’y a pas de vrai impact. » Et si son linéaire présente quelques manques, il assure être livré normalement, tous les 15 jours : « et jusqu’à maintenant, je reçois tout ce que je commande ».

Un confrère (photo), ouvert toute la journée, est plus catégorique sur la fermeture de la frontière belge : « je vois une nette augmentation de mes ventes, mais sur certains produits plus spécifiquement. Sur certains de ces produits, d’ailleurs, nos fournisseurs sont en rupture de stock, certaines marques de pots plus spécifiquement. Mais c’est parce que l’on en vend beaucoup plus que d’habitude. Au niveau des paquets c’est presque pareil. »

« On veut nous faire croire qu’à chaque fois que l’on augmente le prix des cigarettes, des gens arrêtent de fumer. Cette crise, c’est la preuve que ce n’est pas le cas. Ils vont simplement chercher leurs cigarettes ailleurs, ça permet de faire réellement le bilan de la politique fiscale du tabac » (L’Avenir de l’Artois).

•• « Mardi dernier (le 14 avril, ndlr), je n’avais plus un seul paquet de cigarettes, plus la moindre boîte de tabac à rouler » raconte le patron d’un tabac presse à Seebach (Bas-Rhin, à la frontière allemande, 1 600 habitants). « J’ai dû aller pour la deuxième fois en deux semaines au centre de dépannage. Je suis arrivé à 8 heures, il y avait déjà 50 personnes devant moi, j’ai dû attendre six heures et donc en attendant j’ai fermé boutique, vu que je n’avais plus rien à vendre ».

« Il existe deux centres de dépannages en Alsace, à Geispolsheim pour le Bas-Rhin et dans la région de Mulhouse pour le Haut-Rhin. J’ai des retours qui me disent que certains buralistes font le pied de grue toute la nuit pour être certains d’être achalandés » confirme Thierry Lefebvre, président des buralistes du Haut-Rhin et administrateur de la Confédération.

« Parce qu’en réalité c’est toute la chaîne de distribution qui est compliquée. Davantage de clients avec la fermeture des frontières, mais aussi plus de difficultés à être livré, les transports sont touchés ».

« Sans compter que la situation des buralistes est disparate en fonction de la localisation géographique. Moi, qui suis au centre-ville de Colmar, je subis une baisse de mon chiffre d’affaires de 60 à 70%, le centre est déserté, mes deux salariés sont au chômage partiel et je me demande si je ne vais pas devoir fermer boutique » (France 3 Grand Est).