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2 Août 2021 | Profession
 

Nombre de buralistes dans l’Ain exercent désormais, au-delà du tabac-vapotage-jeux, une dizaine de métiers en proposant presse, cafés, restauration, photos d’identité, quand ils ne sont pas conciergeries ou épiciers.

L’objectif ? « Se diversifier pour garantir la pérennité de leur commerce » résume, dans Le Progrès, Christian Muret, président des buralistes du département. Dans le département, plus d’une vingtaine de buralistes ont déjà sollicité le Fonds de Transformation selon la Chambre de Commerce et de l’Industrie.

Une transformation jugée souvent nécessaire, compte tenu des évolutions du secteur  : « à terme, on ne pourra plus vivre que du tabac. Il faut anticiper une érosion du nombre de fumeurs du fait des politiques de santé actuelles  » poursuit Christian Muret.

•• Une analyse partagée par Gérald Tabouret, à la tête d’un tabac-presse à Jasseron  (8 kilomètres de Bourg-en-Bresse) : « si je m’étais restreint à la vente de tabac, mon commerce n’aurait pas survécu. » Désormais, il intègre de multiples services à son activité, comme la récupération de colis, le paiement des impôts ou le règlement des frais de cantine scolaire (Point Paiement de Proximité).

•• Parmi les 290 buralistes de l’Ain, nombreux sont ceux qui ont fait le choix de la diversification, continue de constater Le Progrès.

À l’image de Florence Franch (photo) à Bourg-en-Bresse : « notre objectif était d’aller chercher des produits à marge pour pallier la hausse des prix du tabac », explique-t-elle. En plus du tabac, des objets souvenirs, chapeaux et bijoux figurent dans ses rayons : « on a bien été obligé de diversifier notre offre pour attirer de nouveaux clients  » ajoute-t-elle.

•• Autre priorité  : fidéliser de nouveaux clients.

« En dehors de l’achat de tabac, on peut venir chez nous pour faire quelques courses, se restaurer en terrasse ou encore acheter le journal  » détaille Bertrand Bolomier à Treffort-Cuisiat (à une vingtaine de kilomètres de Bourg-en-Bresse). Dans sa boutique, tout le monde y trouve son compte. Et pour lui, la recette est gagnante  : « un produit en appelle un autre. On a par exemple des parents qui vont repartir avec des jouets pour enfants alors qu’ils venaient seulement acheter une brique de lait ».

•• Redynamiser les villages, où le recul des commerces de proximité est en constante progression, c’est l’effet indirect de la diversification des buralistes. « Dans les campagnes, il n’y a plus rien. Alors, si mon bureau de tabac peut proposer des services manquants, je le fais volontiers » reprend Gérald Tabouret, le buraliste à Jasseron.

C’est d’ailleurs, après les successives fermetures du Vival et du bureau de poste de son village, qu’il devient point relais de La Poste et intègre un rayon épicerie dans sa boutique. « Mon objectif était qu’un Jasseronnais n’ait plus à prendre sa voiture jusqu’au village voisin pour y trouver l’essentiel. »