Présent à Quimper (Finistère), ce 20 février, pour une journée de la Transformation Saison 2 « 2023-2027 » (voir 21 février), Philippe Coy a rappelé, au Télégramme, la nécessité des nouveaux services que sont appelés à proposer les buralistes.
• Le Télégramme : Quels sont les nouveaux services proposés par les buralistes ?
•• Philippe Coy : Cela va de la bagagerie à la nurserie, en passant par le paiement de proximité avec la possibilité de régler ses impôts… Il est également possible, aujourd’hui, d’ouvrir un compte bancaire, manger un sandwich ou envoyer un colis. On va vers d’autres segments marchands. Par ailleurs, on compte 477 établissements dans le Finistère et 39 % exercent dans des communes de moins de 3 500 habitants : c’est un lieu de lien social. Un buraliste, c’est un commerçant d’utilité locale.
• Le Télégramme : Justement, sont-ils obligés d’évoluer aujourd’hui ?
•• Philippe Coy : Ils s’adaptent pour deux raisons. La première concerne la pression fiscale et le développement du marché parallèle, même ici, en Bretagne. La deuxième réside dans l’évolution des services de proximité demandés par les consommateurs. Les bureaux de tabac n’étaient pas perçus comme un commerçant au sens large. Aujourd’hui, ils proposent plein d’autres offres. Ce petit pas de côté n’est peut-être pas naturel, au départ, mais il est nécessaire.
• Le Télégramme : Comment sont accompagnés les buralistes dans cette transformation ?
•• Philippe Coy : Nous avons renégocié en 2023, avec Gabriel Attal, un fonds de transformation et une enveloppe de 100 millions d’euros sur cinq ans (voir 20 janvier 2023). Les buralistes peuvent être accompagnés à hauteur de 33 % (jusqu’à 33 000 euros) par établissement pour développer de nouveaux services. Ils sont également épaulés par les Chambres de commerce et d’industrie (CCI) pour faire un diagnostic du point de vente et de son environnement.
• Le Télégramme : Et en Bretagne, les buralistes se sont-ils saisis de ces dispositifs ?
•• Philippe Coy : Sur les quatre départements, environ 20 % des buralistes proposent de nouveaux services. Ce n’est pas encore suffisant mais c’est un bon score. Avec une particularité territoriale : le tabac est souvent associé au bar. Dans le Finistère, 86 % des buralistes ont une activité bar.
Et, il y a peu de temps, c’était encore un lieu perçu comme enfumé, sale, très masculin et peu recommandable pour les jeunes femmes. Alors, l’accompagnement est différent ici que dans d’autres régions pour attirer une nouvelle clientèle.
• Le Télégramme : Quelles sont les limites de cette diversification ? La vente de munitions pour la chasse, par exemple, n’a pas fait l’unanimité…
•• Philippe Coy : Je sais que ça a défrayé la chronique parce que ça a surpris. Mais cela répond à des besoins de territoire : l’idée n’était pas de créer une armurerie devant la gare de Quimper. La diversification n’a aucune limite. Il y aura des réussites et des échecs dans les initiatives. Et il faut du temps pour changer les habitudes.




