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7 Fév 2026 | Profession
 

Dans le 8ᵉ arrondissement de Paris, il suffit de faire quelques pas pour croiser des vendeurs à la sauvette. Dans leurs poches ? Des paquets de cigarettes vendus bien moins cher que chez les buralistes. Un commerce bien sûr illégal, mais florissant en France, notamment grâce aux réseaux sociaux où l’offre de cigarettes contrefaites a bondi de 160 % l’année dernière. Certaines pages proposent ainsi une cartouche à 35 euros, c’est presque quatre fois moins cher que chez un bureau de tabac.
C’est ainsi que démarre un sujet du journal de TF1, du 24 janvier, que nous reprenons (voir 22 et 26 janvier).

Pour alimenter une partie de ce marché noir, des usines clandestines tournent à plein régime.

Autrefois installées chez nos voisins européens comme la Belgique, elles ont fait leur apparition en France ces dernières années. Les services des Douanes en ont démantelé quatre en 2024 et sept depuis 2021 (voir 15 janvier 2023 et 20 décembre 2023).

Dans ces sites, tout le matériel est là pour produire plusieurs tonnes de cigarettes chaque semaine.

Machines, cartons pour fabriquer les paquets, filtres et bien sûr tabac brut. Une filière criminelle très organisée. « Il faut trouver la main d’œuvre qui vient majoritairement des pays de l’Est parce qu’ils ont le savoir-faire. Il faut faire venir des “machines-outils”, généralement aussi des pays de l’Est », détaille Florent Nourian, chef du bureau de la lutte contre les trafics et la criminalité organisée dans le reportage en tête de cet article. Le tabac brut, lui, vient « majoritairement de productions extérieures à la France », selon l’expert.

Des usines clandestines, parfois implantées dans des zones rurales, comme près de Rouen (photo).

Cela permet aux trafiquants d’alimenter les campagnes en plus des grandes villes, mais aussi de se faire plus discrets.
« Ils montent une usine. On sait que le niveau d’investissement est autour d’un million d’euros. Et puis, ces usines fonctionnent pendant 3-4 mois avant soit d’être démantelées par les autorités publiques, dans le meilleur des cas, soit démantelées par les criminels, de manière à pouvoir se remonter ailleurs et ne pas se faire prendre », détaille Delphine Sarfati-Sobreira, directrice générale de l’Union des fabricants pour la protection de la propriété intellectuelle (Unifab).

Du faux tabac encore plus nocif pour la santé. La présence de métaux lourds est bien supérieure aux normes autorisées. Et il n’est pas rare de trouver également des traces d’urine et de mororat sur certaines cigarettes.