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23 Nov 2020 | Profession
 

Les grossistes, approvisionnant les cafés et restaurateurs, subissent tout aussi durement l’impact du confinement.

Si l’été a permis à beaucoup de retrouver une activité quasi normale, le second confinement leur fait « craindre le pire » avertit, dans Les Échos, Philippe Barbier, le président de la Confédération du Commerce de Gros et international / CGI), syndicat de 150 000 entreprises adhérentes (970 000 salariés), dont 95 % sont de petite ou moyenne taille.

•• Ces fournisseurs de produits alimentaires, mais aussi de tables, de chaises ou de produits d’hygiène, « ont perdu, dans le meilleur des cas, au moins 50 % de leurs activités. Mais cela peut parfois atteindre 80 % », constate Philippe Barbier.

Avant la crise sanitaire, le secteur progressait de 2 à 3 % par an : « les investisseurs avaient confiance, la croissance était faible mais régulière et fiable », selon le syndicat. Désormais, près de 100.000 personnes sont employées dans des entreprises désormais fragilisées.

•• Alors que les bars et restaurants pourraient ne pas rouvrir avant le début 2021, la CGI négocie avec l’État un accord d’activité partielle de longue durée. « Il sera adopté dans le cadre d’une procédure accélérée. Il devrait être signé au début décembre et valable pour tous les professionnels en France », précise Philippe Barbier.

À partir du début de l’année prochaine, les entreprises du secteur pourront ainsi bénéficier d’aides publiques afin de compenser jusqu’à 40 % les baisses d’horaires de leurs salariés.

•• Si les entreprises qui ont su se diversifier dans l’approvisionnement des hôpitaux, des Ehpad, des prisons, des collèges et des lycées limitent la casse, la chute est particulièrement brutale pour les autres.

C’est le cas, par exemple, de la société rennaise TGViandes et Marées, qui sert les restaurateurs locaux. « Nous aurons perdu près de 4 millions d’euros de recettes cette année sur les 10 millions d’euros de chiffre d’affaires initialement prévus », détaille son dirigeant, Didier Martin.

Si quelques restaurants continuent de lui acheter viandes et poissons, leur panier moyen a beaucoup diminué : « il est désormais de 50 euros par commande, contre 250 euros avant le confinement », se désole Didier Martin. La plupart de ses 40 collaborateurs sont au chômage partiel.

•• Le repli des grossistes sur d’autres marchés déjà bien encombrés, comme celui de la boulangerie-pâtisserie ou de la restauration hospitalière, « risque d’avoir un effet domino sur l’ensemble de la filière, ce qui fragilisera un peu plus de nombreux acteurs », insiste par ailleurs Philippe Barbier.