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14 Juin 2025 | Trafic
 

Le marché noir du tabac prend une ampleur phénoménale en France. Selon une étude commandée par le géant du secteur Philip Morris, près de 50 % des cigarettes consommées en 2024 étaient issues de la contrebande. Un manque à gagner énorme pour l’État. C’est ainsi que débute une information de Baptiste Morin – sur Europe 1, le 11 juin – que nous reprenons (voir le 11 juin).

L’an dernier, près de 40 % des cigarettes consommées en France (soit 19 milliards d’entre elles, ndlr) étaient issues de la contrebande ou de la contrefaçon, selon une étude KPMG commandée par le géant du tabac Philip Morris.

Ainsi, la part de la contrefaçon et de la contrebande a augmenté de plus de quatre points en 2024, alors que la consommation totale de tabac a tendance à stagner. Pour l’industrie du tabac, la cause est toute trouvée : ce sont les hausses de prix qui poussent les fumeurs hors du réseau légal des buralistes.

« La pression fiscale, au lieu de convaincre le fumeur d’arrêter de fumer, le force à trouver des solutions de contournement qui passent par les achats à l’étranger, dans les limites autorisées ou au-delà des limites autorisées », explique Daniel Bruquel, chef du service prévention du commerce illicite chez Philip Morris.

« Mais, ça le pousse aussi dans des réseaux illicites, tels que les épiceries, les points de deal ou de vente à la sauvette que vous avez partout en milieu urbain, ou encore sur les réseaux sociaux. Donc, au final, on a une dispersion de ces produits de contrebande, de contrefaçon, sur l’ensemble du territoire », poursuit-il.

L’État est aussi concerné au premier plan par ce phénomène. Les taxes représentent plus de 80 % du prix d’un paquet de cigarettes.

La progression du marché parallèle fait donc reculer les recettes fiscales de l’État, qui s’élèvent à environ 13 milliards d’euros l’année dernière. Mais, à cause de ce marché parallèle, le manque à gagner est estimé dans le rapport KPMG à plus de 9 milliards d’euros.