Une fenêtre sur l’actualité quotidienne de tous les événements évoquant directement ou indirectement le tabac
10 Jan 2017 | Profession
 

Si les consommateurs utilisent des parades pour éviter le choc des photos ou retrouver leur paquet quand ils sont avec des amis fumeurs (cache-paquet, autocollant personnalisé, etc.), le plus fort de l’impact du paquet neutre retombe sur les buralistes.

• À Dinan (Le Télégramme du 9 janvier). « On prend ça comme une punition, vraiment. J’ai toujours essayé d’avoir un commerce coloré, joyeux… Là, c’est devenu lugubre ! », se désole la patronne du tabac de la place Duclos, qui se plaint aussi de la perte de temps.

« On passe trois fois plus de temps à ranger les réserves, sans exagérer. Avant, on se fiait aux couleurs. Là, on y va cartouche par cartouche, il faut lire le nom de la marque, écrit souvent en petit … L’autre jour, j’avais 12 colis à ranger, j’ai commencé à 13 h et j’avais fait à peine la moitié à 17 h ! », témoigne la buraliste.

• À Reims, « le paquet neutre ça fait plutôt rigoler » titre L’Union du 8 janvier. « C’est vrai que les clients sont un peu désorientés », commente Stéphane Ferraz (membre du bureau de la chambre syndicale des buralistes de la Marne), « ils ne voient plus leur paquet habituel, ils ne savent donc plus s’il est là ou pas ; beaucoup raisonnaient non pas en marques, mais en visuels : Donnez-moi un blanc et rouge … ».

« Désormais, pour distinguer les marques, il faut scruter attentivement pour repérer la mention. Et comme c’est écrit petit, je me suis acheté des lunettes ! », plaisante le buraliste (photo). Les clients aussi prennent volontiers la chose à la plaisanterie : « ils nous voient en train de chercher, et c’est vrai qu’il faut chercher un peu pour trouver le bon paquet, alors ils nous disent : ça ne vous arrange pas cette affaire ! ».

• Pour Didier Jaquet, buraliste à Valenciennes, l’arrivée du paquet neutre c’est 50 % de temps de travail supplémentaire : « la difficulté c’est de répertorier et de bien classer donc on perd du temps au déballage, au stockage, à la mise en place au rayonnage … » explique-t-il dans un reportage de France 3 Nord-Pas-de-Calais diffusé les 4 et 8 janvier.

Côté client aussi on prend des précautions pour être sûr d’avoir sa marque habituelle : « j’ai simplement peur qu’il se trompe parce que ce n’est plus facile de repérer les marque », selon un fumeur. S’il est trop tôt pour estimer l’impact du paquet neutre, le buraliste a déjà vu son chiffre d’affaire chuter de 45 % depuis 2002 : il est à quelques kilomètres de la Belgique.