Une fenêtre sur l’actualité quotidienne de tous les événements évoquant directement ou indirectement au tabac
16 Déc 2016 | Profession
 

Avec des réserves et des linéaires de plus en plus « neutres », la tension des buralistes n’est pas redescendue. Même si les consommateurs restent au rendez-vous. 

•• Déjà interviewé à la rentrée dans Le Journal de Saône-et-Loire, à l’arrivée des tous premiers paquets neutres (voir Lmdt du 27 septembre), Thierry Mozzo, buraliste au Creusot, en compte maintenant 95 % dans son stock.

À chaque livraison, son temps de travail a augmenté d’une demi-heure : « maintenant, sur les étiquettes des cartouches de cigarettes, il n’y a plus la marque alors on doit lire ce qu’il y a écrit en tout petit pour pouvoir les trier ». Approvisionné tous les quinze jours, il a l’occasion d’échanger avec les livreurs qui confirment que « tous les buralistes se plaignent des paquets neutres » et qu’eux aussi ont dû s’adapter, « on est obligés d’être plus attentionnés quant aux cartons qu’on livre ».

Côté clients, Thierry Mozzo n’a vu aucune différence : « Ça ne les freine pas pour acheter des cigarettes, explique-t-il. Ils s’en foutent !  ( …) On n’a pas d’autre choix que de s’adapter, sinon on met la clé sous la porte », conclut-il.

•• À Moulins, les buralistes manifestent unanimement leur mécontentement. « C’est du grand n’importe quoi, comment voulez-vous gérer les stocks de tabac, c’est impossible. Avant, on pouvait se repérer, maintenant, c’est le bazar », certifie le gérant du « Totem ». Le responsable d’un autre débit met « quatre heures de plus par livraison pour déballer et mettre en rayon ses produits. C’est deux fois plus qu’avant ». Même constat, ailleurs : « certaines marques ne mentionnent plus leur nom sur les tranches de cartouches. Cela nous oblige à sortir les cartouches une par une des cartons pour vérifier nos commandes. C’est une perte de temps considérable ».

Ils constatent eux aussi que les fumeurs n’ont pas renoncé à leurs habitudes pour autant. « Certains changent de marques de tabac pour un paquet traditionnel « plus joli » qui me reste » remarque une buraliste, « mais dans l’ensemble rien n’a changé ». Un confrère note que des consommateurs changeaient de marque car « les cigarettes n’auraient plus le même goût ».

« Quand on fume, on ne regarde pas le paquet », témoigne un client, « les images peuvent peut-être choquer les jeunes, et encore ». Une jeune fille de 20 ans renchérit : « ça ne fait pas grand-chose. On ne voit plus l’image, à force. Le problème arrive surtout quand on est en groupe. Avec tous ces emballages identiques, on a vite fait de se mélanger les paquets. Mais c’est tout, ça n’a rien changé à ma vie ».