Commençant à arriver dans les livraisons et dans les linéaires, les paquets neutres posent de plus en plus de problèmes : perte de temps, manque d’informations, crainte des erreurs vis-à-vis du client.
Le coup de projecteur médiatique de ces derniers jours (voir Lmdt des 10 et 11 octobre) en livre l’ampleur … (voir aussi Lmdt des 11 et 5 octobre).
•• À Paris, Cyrille Geiger (sur RTL) : « Le paquet neutre est dans nos linéaires et on ne sait toujours pas ce que l’on a le droit de faire pour la mise en place : si on peut mettre de la couleur dans nos linéaires pour différencier une cigarette à fort taux de nicotine ou à bas taux, par exemple. Nous n’avons aucune information. Comment expliquer aux consommateurs le produit que nous allons distribuer ? La police 12 indiquant la marque est illisible ».
•• À Amiens, Paul David (au Courrier Picard) : « C’est un peu compliqué pour nous. L’autre jour, j’ai répondu à un client que je n’avais pas la référence d’un paquet de tabac que j’avais en stock. Comme l’emballage avait changé, je n’avais pas reconnu le produit ».
Pour le vice-président de la chambre syndicale des buralistes de la Somme, Pascal Baudoin, « c’est hyper compliqué de se repérer, avec les photos-choc, les paquets se ressemblent, on confond tout (…) J’ai modifié la présentation : je vais les mettre à plat pour mieux repérer la marque et la référence (…) Des collègues ont gardé des paquets normaux vides ou les ont photocopiés en couleurs afin de se repérer dans les linéaires » … sans savoir s’ils en ont le droit.
•• À Épinal, Thierry Lefebvre, président de la chambre syndicale des buralistes du Haut-Rhin (dans L’Alsace) : « On s’est battu contre, pendant trois ans ! (…) Le seul « avantage » : on pourra voir les paquets qui viennent d’Allemagne, plus facilement. Dans le Haut-Rhin, il y a 60 % de paquets qui viennent de l’étranger ».
« On va y passer des heures, alors que chez les buralistes, normalement, ça va vite ! » ajoute-t-il, « ça peut aussi être une source d’erreur, voire de conflit ». « Les buralistes s’adaptent de tout façon, mais ça aura un coût qu’il faudra assumer » poursuit Thierry Lefebvre qui observe que ce sont, aussi, les nouvelles taxes fiscales sur le tabac – notamment le tabac à rouler – qui inquiètent les buralistes.
•• Frédéric Vergne, président de la chambre syndicale des buralistes de la Corrèze (sur France Bleu Limousin) : « il y a beaucoup de choses qui pourraient être mises en place pour lutter contre le tabagisme plutôt que ces paquets neutres qui, pour nous, vont être vraiment pénalisants. Dès la réception et jusqu’à la vente, on aura une perte de temps très, très importante parce que tous ces paquets se ressemblent. Et, évidemment, des erreurs vont s’ensuivre. Il faut voir la réaction de nos clients qui, pour la plupart, sont indifférents et se disent que c’est un peu n’importe quoi ! Mettre tous les paquets de la même couleur, c’est déjà pénalisant. Mettre le nom de la marque en tout petit, c’est absolument absurde ».




