Chez les buralistes du centre-ville de Vannes, interrogés dans Le Télégramme de de jeudi 11 mai, le son de cloche est partout le même : l’arrivée du paquet neutre n’aurait pas véritablement d’incidence sur la vente de cigarettes.
•• « Il en faudrait plus que cela pour dissuader un fumeur d’acheter son paquet de cigarettes » souligne une buraliste installée près de la cathédrale Saint-Pierre, « comme lors de l’introduction des images chocs sur les paquets, il y a au départ un effet recul, puis les gens s’habituent ».
•• Pour Michel Guiffès (trésorier de la Confédération nationale), la mesure est d’ores et déjà un fiasco : « en fin d’année dernière, il y a eu un tapage médiatique autour de cette loi. Mais derrière, c’est un échec en matière de santé publique. Il n’y a pas moins de Français qui fument grâce à cette mesure. C’est le marché parallèle qui va prendre le relais et bénéficier de cette manne, au détriment des buralistes français ».
•• « A fortiori, cette tendance devrait s’accentuer » commente amèrement un buraliste installé à Hennebont, « ici en Bretagne, nous sommes moins concernés que dans les zones frontalières, mais il y a les ports. Finalement, nous sommes davantage inquiets par l’évolution de ce marché noir que par le comportement de nos consommateurs face à l’introduction du paquet neutre ».
•• Sur les autres dommages collatéraux du paquet neutre. À commencer par le(s) linéaire(s) transformé(s) en « mosaïque » de paquets neutres : « pour nous, cela n’est pas gênant, nous tournons le dos aux linéaires » annonce-t-on au bar-tabac de l’Hôtel de Ville, « ce sont nos clients qui ont le nez dessus » commente le débitant de tabac, « parfois, on nous demande comment on peut travailler dans un environnement aussi glauque ! ». Mais aussi, la réception des commandes et la mise en linéaire (« nous mettons deux fois plus de temps ») et la reprise des paquets non-conformes (« les buralistes attendent toujours d’être remboursés pour ces nanars payés de leur poche »).
•• « On s’adapte et on s’organise », indique un buraliste de la rue Thiers à Vannes qui a fait le choix d’un linéaire de cigarettes « soft » : « grâce à un bandeau noir et des paquets positionnés à l’envers, je ne laisse apparaître que le nom de la marque. Cela présente mieux et donne davantage envie ».




