Juste avant de rejoindre Pascal Montredon et Jean-Luc Renaud, pour leur rendez-vous avec Agnès Buzyn, de ce matin (voir Lmdt de ce jour), Michel Guiffès (trésorier national de la Confédération et président de la fédération des buralistes de Bretagne) était interviewé sur France•Info. L’occasion de revenir sur les arguments de la profession.
•• Sur l’annonce du Premier ministre concernant le paquet à 10 euros (voir Lmdt du 4 juillet) : « nous avons découvert le paquet à 10 euros deux minutes avant l’intervention du Premier ministre par le simple appel de l’un de ses conseillers (voir Lmdt du 5 juillet). Nous avons été particulièrement déçus de cette façon d’agir unilatérale et sans concertation ».
•• Sur le principe, lui-même, du paquet à 10 euros : « nous contestons l’application pure et dure d’un prix à 10 euros qui, d’abord, va déstabiliser le marché officiel du tabac en France et, ensuite, va désorienter tous les buralistes français.
« Nous sommes déjà le pays d’Europe continentale où le tabac est le plus cher.
« On va avoir une augmentation de 43 %, c’est phénoménal. La dernière fois que ce genre de choc a eu lieu, c’était en 2003-2004, et cela a provoqué, dans les six ans qui ont suivi, la disparition de 8 000 buralistes.
« Car l’augmentation des prix dans une telle proportion va avoir une incidence en trompe l’œil : moins de livraisons de tabac chez les buralistes et de plus en plus de fumeurs qui vont s’approvisionner ailleurs ! ».
•• Sur la nécessité de mesures fortes contre le tabac : « C’est ce que l’on nous a dit sur le projet-phare de Marisol Touraine : le paquet neutre. Il est en place depuis le 1er janvier, mais on voit bien que cela ne sert absolument à rien.
« Mais que l’on ne se méprenne pas. Nous ne voulons pas entraver la politique de santé publique.
« Nous invitons néanmoins à étudier ce qui se fait ailleurs, en matière de prévention et d’information auprès des jeunes, même si dans les pays anglo-saxons il y a des modes de travail et des méthodologies de prévention complètement différents. Mais l’on n’y mise pas tout sur les prix.
•• Sur l’existence d’une culture du tabagisme en France : « c’est la méthode de travail qui gagnerait à évoluer. Aujourd’hui, le taux de prévalence tabagique est en moyenne de 29 % en France. Mais il faut savoir distinguer les réalités : ce même taux est de 20 % chez les CSP + et de près de 40 % chez les CSP -. Chez les chômeurs, il est de 50 %. Cela amène à placer le problème du tabagisme dans son contexte ».




