
Bannir la publicité de la cigarette à la télévision et à la radio. C’est l’objectif de plusieurs lois, dont la première, la loi Veil, qui fête, ce mois-ci, son cinquantième anniversaire. Mais la publicité de la cigarette sur les réseaux sociaux ne semble toujours pas réellement encadrée. Certains dénoncent « un flou juridique ».
C’est ainsi que débute un article de Midi Libre (le 28 juillet) que nous reprenons.
C’est une publication Instagram qui a retenu son attention. Celle de Léna Mahfouf, une créatrice de contenus aux cinq millions d’abonnées, qui pose aux côtés de Charli XCX, une chanteuse britannique. Les deux jeunes femmes sortent du Met Gala. Une jupe bleue et un corset sur mesure pour la première, une robe noire cintrée pour la seconde. Elles sont pimpantes. Mais un détail interpelle : les cigarettes que tiennent les demoiselles entre les doigts. « C’est décevant de voir ça », se désole Marion Catellin, directrice de l’association Contre-Feu (voir le 5 juillet 2026).
Léna Situations, l’une des créatrices de contenu les plus suivies de France, « n’est pas la seule à s’afficher sur les réseaux sociaux avec des cigarettes ou des produits du tabac », souligne la présidente de l’association. Entre 2019 et 2024, près d’un millier de publications faisant la promotion du tabac ou de la nicotine ont été recensées sur Instagram.
Selon l’association Contre-Feu, à l’origine de cette étude, il s’agit de « publications promotionnelles illégales qui contournent les restrictions imposées par les différentes lois ». Car la France dispose pourtant d’un arsenal législatif destiné à limiter la publicité en faveur du tabac… La loi Veil, qui fête ce mois-ci ses 50 ans, a interdit, pour la première fois, la publicité du tabac à la télévision et à la radio. La loi Évin est venue renforcer ces restrictions et encadrer plus strictement toutes les formes de publicité du tabac.
Aucune loi n’encadre la promotion de la cigarette sur les réseaux sociaux. « C’est vrai que l’on a affaire à un flou juridique », estime Alice Deschenau, cheffe du service d’addictologie au sein du Groupe hospitalier Paul-Guiraud (Villejuif, Val-de-Marne). Mais faut-il blâmer les pouvoirs publics ? Difficile à dire, « car ces dernières années, ils ont mis en place plusieurs dispositifs afin de lutter contre le tabagisme. Il y a eu des interdictions de fumer dans les espaces publics, à la plage », lance la médecin, également à la tête de la Société francophone de tabacologie.
« Et ça fonctionne », selon elle. La consommation de tabac recule dans toutes les tranches d’âge, et notamment chez les adolescents, le public de Léna Situations.
D’après l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT), 5,6 % des adolescents fument quotidiennement, soit 25,2 % de moins qu’en 2010 (voir le 30 avril 2026).
Mais peut-on atteindre une génération sans tabac ? C’est le souhait de six anciens ministres de la Santé. Publiée dans le journal Le Parisien, la tribune signée par Roselyne Bachelot, Agnès Buzyn, Claude Évin, Yannick Neuder, Aurélien Rousseau et Marisol Touraine exhorte le gouvernement à mettre en place une mesure qui verrait la France interdire la vente de tabac aux jeunes nés après une certaine année (voir le 11 juillet).
« Nous, on aimerait mettre en place une génération sans tabac », assure Marion Catellin. Sa proposition : interdire la vente de cigarettes aux personnes nées après 2014. Une mesure réaliste, car « les jeunes ont bien compris que le tabac, ce n’est plus à la mode ». Une mesure soutenue par des figures politiques, comme Nicolas Thierry, député écologiste, qui souhaite créer une première génération sans tabac d’ici 2032 (voir le 19 juillet).




