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11 Juil 2026 | Associations, Institutions
 

Six anciens ministres de la Santé appellent à une « génération sans tabac » (voir les 2 et 4 juillet 2026, « interdiction générationnelle »).
Pour les 50 ans de la loi Veil, six anciens ministres de la Santé signent un appel pour interdire la vente de tabac aux jeunes.
Nous reprenons le communiqué de presse publié à cette occasion.

Cinquante ans, jour pour jour, après la promulgation de la première grande loi de lutte contre le tabagisme, un front uni d’anciens responsables politiques se mobilise. À l’occasion de cet anniversaire symbolique, six anciens ministres de la Santé ont signé une déclaration commune historique, publiée ce 9 juillet dans les colonnes du journal Le Parisien.

Roselyne Bachelot, Agnès Buzyn, Claude Evin, Yannick Neuder, Aurélien Rousseau et Marisol Touraine appellent le Gouvernement à franchir une nouvelle étape décisive ;

Un demi-siècle de progrès sanitaires

Le 9 juillet 1976, Simone Veil, alors ministre de la Santé, portait une loi pionnière qui marquait un tournant dans la perception du tabac par la société française. En restreignant la publicité et en encadrant la consommation dans les lieux collectifs, elle a initié une dynamique de santé publique qui ne s’est jamais démentie. Au fil des décennies, des mesures successives, comme l’interdiction totale de la publicité, le paquet neutre ou une fiscalité dissuasive, ont été mises en place par différents gouvernements.

Les résultats de ce volontarisme politique sont tangibles. Alors que près d’un Français sur deux fumait quotidiennement en 1976, cette proportion a chuté à moins d’un sur cinq aujourd’hui. Ces progrès sont particulièrement spectaculaires chez les plus jeunes, confirmant une tendance de fond.

Une jeunesse de moins en moins fumeuse

L’appel des anciens ministres s’appuie sur des données scientifiques récentes et encourageantes. Selon la dernière enquête EnCLASS 2024 de l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT / voir 26 février), publiée en février 2026, le tabagisme chez les adolescents de 17 ans atteint un plancher historique, avec seulement 5,6 % de fumeurs quotidiens. L’étude révèle qu’en près de quinze ans, l’expérimentation du tabac a été divisée par quatre chez les collégiens et par deux chez les lycéens.

Cependant, le rapport de l’OFDT souligne également des points de vigilance, notamment la progression de l’usage quotidien de la cigarette électronique chez les lycéens, qui s’est accélérée entre 2022 et 2024.

Un appel pour l’avenir et la fin de l’industrie du tabac

Malgré ces avancées, les signataires de la tribune rappellent que « le coût humain, sanitaire, social et économique du tabac demeure colossal en France ».

C’est pourquoi ils exhortent le Gouvernement à adopter la proposition de loi (voir le 4 novembre 2025 / « generational ban » à la française) visant à créer une « génération sans tabac ». Cette mesure, qui verrait la France interdire progressivement la vente de produits du tabac aux jeunes nés après une certaine année, s’inscrit dans une logique de protection des générations futures.

Cette initiative, soutenue par l’Assurance maladie, vise à mettre un terme définitif à l’influence de ce que l’alliance Contre-Feu qualifie d’« industrie la plus mortifère au monde » (voir le 7 juillet / Thomas Fatôme).

Contre-Feu, un acteur engagé

L’appel des anciens ministres est relayé par Contre-Feu (voir le 5 juillet 2026), l’Alliance contre l’industrie du tabac (anciennement ACT). Depuis plus de trente ans, cette organisation d’intérêt général œuvre pour un monde libéré des produits du tabac et de la nicotine.

Fédérant plus de 20 associations, Contre-Feu mène des campagnes de plaidoyer pour dénoncer les stratégies de l’industrie du tabac et mobiliser les décideurs. L’alliance s’est fixé un objectif ambitieux : voir émerger en France la première génération sans tabac à l’horizon 2032.