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21 Juil 2026 | Institutions
 

Six anciens ministres de la Santé ont signé une tribune pour appeler à l’interdiction du tabac pour les générations nées après 2009 (voir 11 juillet 2026 / 6 juillet 2026-enjeux). Sébastien Boussois (du CNAM/Conservatoire national des Arts et Métiers/directeur de l’Institut géopolitique européen) leur oppose une question simple : avant de donner des leçons, ont-ils regardé leur propre bilan ? Entre postures symboliques, marché noir et expériences étrangères avortées, il démonte les illusions du « Generation Ban ».

C’est ainsi que débute une tribune de « Valeurs Actuelles » que nous reprenons.

Cinquante ans après la grande loi portée par Simone Veil contre le tabagisme, six anciens ministres de la Santé, Claude Évin, Roselyne Bachelot, Xavier Bertrand, Marisol Touraine, Agnès Buzyn et Aurélien Rousseau, ont signé une pleine page publicitaire dans Le Parisien pour célébrer cet héritage et appeler à franchir une nouvelle étape avec une « génération sans tabac ».

L’intention est respectable. Personne ne conteste que le tabac demeure l’une des premières causes de mortalité évitable dans notre pays. Mais derrière cette belle unanimité se cache une question plus dérangeante : la santé publique est-elle encore guidée par la recherche de l’efficacité ou est-elle devenue le terrain privilégié des postures, des symboles… et d’une certaine hypocrisie ? La santé publique mérite mieux qu’un concours de sophismes. Elle exige d’abord, au-delà des paroles vaines et creuses, de regarder les résultats obtenus avant de multiplier les déclarations de principe.

Le bilan avant les leçons

La santé publique ne se mesure ni au nombre de tribunes publiées, ni au nombre d’interdictions votées. Elle se mesure à des résultats concrets : une espérance de vie en bonne santé qui progresse, des inégalités d’accès aux soins qui reculent, des comportements qui évoluent durablement et une confiance retrouvée entre les citoyens et leurs institutions.

Les signataires expliquent aujourd’hui comment protéger les générations futures. C’est leur droit. Mais lorsqu’ils occupaient les plus hautes responsabilités, les défis sanitaires n’ont cessé de s’accumuler : explosion de l’obésité, progression du diabète, désertification médicale, pénuries chroniques de médicaments, affaiblissement de l’hôpital public.

Puis est venue la crise du Covid. Les Français ont découvert un État incapable de fournir des masques, dépendant de chaînes de production étrangères, multipliant les revirements et les messages contradictoires qui ont profondément entamé la confiance dans la parole publique. Une politique de santé ne repose pas uniquement sur des lois ; elle repose avant tout sur la crédibilité de ceux qui les portent. Lire la suite »

 

Au préalable, rappelons que l’Irlande assure la présidence tournante du Conseil de l’Union européenne (du 1er juillet au 31 décembre).
Alors que nous sommes en période d’élaboration de la prochaine TPD3 (Tobacco Products Directive 3).

Il se trouve que la ministre de la Santé, Jennifer Carroll MacNeill, vient d’annoncer que l’Irlande envisage aussi un « generational ban » / une interdiction générationnelle (soit l’interdiction définitive d’acheter du tabac à toute personne née après une certaine date).

Ceci, à l’instar de ce qui a déjà été adopté au Royaume-Uni (voir 22 avril) ou de ce qui a été récemment proposé en France (voir les 2 et 6 juillet), avec l’approbation de la ministre de la Santé (et de 6 autres de ses anciens collègues ; voir les 4 et 11 juillet).

Après avoir constaté que le taux de prévalence tabagique, en Irlande, restait bloqué à 17 % de la population adulte, elle vient de déclarer à la presse que son ministère était en train d’envisager « des mesures plus agressives… dont un « generational ban » ».

Rappelons qu’en Irlande les produits du tabac ne peuvent être présentés à la vue du public dans les points de vente (« display ban ») et que les prix des paquets de cigarettes se situent entre 16 et 20 euros.

Alors que le secteur du vapotage se situe dans la perspective d’une interdiction des arômes, du paquet neutre et d’un « display ban » (voir 30 juin 2026).

Quant au marché parallèle du tabac et du vapotage ? Il se porte très bien, merci.

20 Juil 2026 | Associations
 

La proposition visant à éradiquer le tabagisme chez les jeunes (voir les 2 juillet, 6 juillet / enjeux, 11 juillet / ministres) soulève un dilemme : comment conjuguer interdiction et accompagnement pour vaincre une addiction enracinée dans la psychologie et la précarité.
C’est ainsi que débute une tribune de Jérôme Palazzolo (psychiatre, psychothérapeute et professeur de psychologie clinique et médicale), parue dans L’Opinion le 17 juillet.
Nous la reprenons.

L’ambition de la proposition de loi « Pour une génération sans tabac » a de quoi séduire. L’idée paraît simple : empêcher progressivement l’accès au tabac pour les plus jeunes afin de faire disparaître le tabagisme. Sur le plan symbolique, le message est fort. Sur le plan comportemental, les choses sont plus nuancées. Lire la suite »

19 Juil 2026 | Pression normative
 

Nicolas thierry

Après avoir soutenu, début juillet, l’appel transpartisan de six anciens ministres de la Santé en faveur de sa proposition de loi « Génération sans tabac » (voir les 11 juillet 2026 / Appel et 4 novembre 2025 / Proposition de loi), le député écologiste de Gironde, Nicolas Thierry, a accepté de répondre aux questions de Breizh-info (ndlr : qui ne se situe pas exactement sur la même rive politique que le parlementaire). Le 17 juillet.

Rupture d’égalité entre citoyens, sort des buralistes ruraux, essor de la vape, poids budgétaire des taxes sur le tabac : l’élu détaille les arguments qui sous-tendent son texte, qui attend toujours son inscription à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale.

Breizh-info.com : Votre proposition de loi interdirait à vie l’achat de tabac aux personnes nées après 2009. Comment répondez-vous à ceux qui y voient une rupture d’égalité entre citoyens adultes, certains ayant le droit d’acheter un produit légal, d’autres non, selon leur seule date de naissance ?

Nicolas Thierry : « La proposition de loi que j’ai déposée à l’Assemblée nationale vise à interdire la vente de cigarettes à toutes les personnes nées après 2014.
Cette proposition de loi n’interdit pas la consommation de tabac mais encadre uniquement sa vente, dans un objectif légitime de santé publique. Elle est conforme aux engagements internationaux de la France, notamment à la CCLAT de l’OMS et à la Convention relative aux droits de l’enfant, qui garantissent le droit à la santé.
De plus, le tabac n’est pas un produit comme un autre : il reste la première cause de mortalité évitable en France. La nicotine crée une dépendance en quelques semaines. 80 % des fumeurs regrettent d’avoir commencé, selon un sondage de Santé publique France. La mesure protège donc les individus de l’addiction, comme pour l’interdiction des paris sportifs aux mineurs.
La « génération sans tabac » n’interdit rien à personne : elle empêche simplement que les jeunes tombent dans une addiction qu’ils n’ont pas choisie. » Lire la suite »

15 Juil 2026 | Pression normative
 

Dans un rapport publié le 2 juillet dernier, l’Assurance maladie propose l’interdiction à vie de la vente de cigarettes aux personnes nées après 2009 (voir les 2 juillet, 4 juillet / ministre et 6 juillet / questions).
Une mesure choc et clivante qui a séduit Yannick Neuder, ancien ministre de la Santé (voir le 11 juillet)… mais pas Ghislaine Mazoyer, présidente des buralistes du Gard. Nous reprenons l’article du Réveil du Midi.

Interrogée, la présidente gardoise a été claire tout de suite : « Je pense que ça ne tient pas debout, je trouve ça ahurissant, on ne peut pas tout empêcher dans la vie. » Pour rappel, cette mesure, portée par l’Assurance maladie dans son bilan annuel, vise à interdire l’achat de tabac en France à toute personne née après 2009, et ce à vie. Pourquoi 2009 ? C’est, en théorie, la génération qui n’a pas encore expérimenté le tabac et ses addictions.

Pour Ghislaine Mazoyer, cette interdiction ne fera pas baisser le tabagisme et, au contraire, cela représente davantage une atteinte à la liberté : « C’est une atteinte à la liberté. On interdit aux mineurs, mais à partir du moment où on a 18 ans, on ne peut pas limiter la vie d’une personne. »

Selon les chiffres de la Ligue contre le cancer, la consommation de tabac chez les jeunes a drastiquement baissé, passant de 31 % en 1999 à 3 % aujourd’hui, grâce aux actions de prévention menées par des associations comme le Comité national contre le tabagisme (CNCT). Des actions qui semblent donc marcher et sont encouragées par Mme Mazoyer : « Faire de la prévention, oui, c’est indispensable, mais interdire, ce n’est pas la solution. »

Bien qu’un projet de loi ait déjà été porté par le député écologiste Nicolas Thierry en novembre 2025 (voir le 4 novembre 2025), visant à interdire la vente de tabac aux personnes nées après 2014, cette proposition avait, à l’époque, été soutenue notamment par Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste. Lire la suite »

 

Six anciens ministres de la Santé appellent à une « génération sans tabac » (voir les 2 et 4 juillet 2026, « interdiction générationnelle »).
Pour les 50 ans de la loi Veil, six anciens ministres de la Santé signent un appel pour interdire la vente de tabac aux jeunes.
Nous reprenons le communiqué de presse publié à cette occasion.

Cinquante ans, jour pour jour, après la promulgation de la première grande loi de lutte contre le tabagisme, un front uni d’anciens responsables politiques se mobilise. À l’occasion de cet anniversaire symbolique, six anciens ministres de la Santé ont signé une déclaration commune historique, publiée ce 9 juillet dans les colonnes du journal Le Parisien.

Roselyne Bachelot, Agnès Buzyn, Claude Evin, Yannick Neuder, Aurélien Rousseau et Marisol Touraine appellent le Gouvernement à franchir une nouvelle étape décisive ;

Un demi-siècle de progrès sanitaires

Le 9 juillet 1976, Simone Veil, alors ministre de la Santé, portait une loi pionnière qui marquait un tournant dans la perception du tabac par la société française. En restreignant la publicité et en encadrant la consommation dans les lieux collectifs, elle a initié une dynamique de santé publique qui ne s’est jamais démentie. Au fil des décennies, des mesures successives, comme l’interdiction totale de la publicité, le paquet neutre ou une fiscalité dissuasive, ont été mises en place par différents gouvernements. Lire la suite »

11 Juil 2026 | Pression normative
 

Dans son rapport annuel publié ce jeudi 2 juillet, l’Assurance maladie plaide pour une interdiction progressive de la vente de tabac en France en ciblant les générations nées après 2009. Entre explosion de la contrebande et risque de faillite, les professionnels du secteur tirent la sonnette d’alarme (voir les 2 et 3 juillet).

Sur le papier, l’idée de créer une future génération sans tabac peut séduire. Sur le terrain, la réalité est tout autre.
Nous avons interviewé un buraliste qui souhaite rester anonyme. Pour lui, la proposition de l’Assurance maladie d’interdire la vente de cigarettes aux jeunes nés après 2009 est non seulement « utopique », mais surtout totalement inefficace : « Cette loi ne servira à rien. Les buralistes font très bien leur travail et respectent déjà l’interdiction de vente aux mineurs. Le vrai problème, c’est que la contrebande est partout : dans les épiceries, et même dans certaines boulangeries. » Lire la suite »

8 Juil 2026 | International
 

Premier pays au monde à bannir la vente de tabac aux générations futures (voir le 3 novembre 2025), les Maldives viennent de rendre les cigarettes deux fois moins chères pour tous les autres. Une volte-face qui coïncide avec l’effondrement des recettes douanières et une élection perdue.
Nous reprenons un article de VapingPost du 6 juillet.

Depuis le 1er novembre 2025, tous les produits du tabac sont interdits à la vente aux personnes nées après 2007. Le pays de l’océan Indien est ainsi devenu le premier au monde à mettre en place une interdiction générationnelle de la vente de tabac, soit la mesure de lutte contre le tabagisme la plus forte.

Rapidement, la mesure a inspiré d’autres gouvernements à travers le monde, à l’image du Royaume-Uni qui a suivi son exemple, avec une application prévue pour 2027 (voir le 22 avril 2026). Et l’idée d’une interdiction générationnelle de la vente de tabac poursuit son chemin dans de nombreux autres pays… comme en France (voir les 3 et 6 juillet 2026 / les vrais enjeux). Lire la suite »

7 Juil 2026 | Institutions
 

« On peut aller plus loin » dans la lutte contre le tabac en France « et c’est de notre responsabilité », a estimé, le 6 juillet, sur France Info, le directeur général de l’Assurance maladie, Thomas Fatôme. Dans son rapport annuel dévoilé la semaine dernière, la Caisse nationale d’Assurance maladie (Cnam) a plaidé pour interdire la vente de cigarettes aux personnes nées après 2009, pour faire émerger une génération « sans tabac » (voir les 2, 3 et 6 juillet).

« Il ne faut pas qu’on laisse s’installer l’idée qu’on a tout fait sur le tabac. Ce n’est pas vrai », explique Thomas Fatôme.
Le pourcentage de fumeurs diminue en France mais « les autres pays autour de nous fument beaucoup moins » et « cela reste un enjeu de santé publique majeur », souligne le directeur de la Cnam.
Il rappelle que plus de 68 000 décès par an sont attribuables au tabagisme et qu’il y a « 150 à 200 000 jeunes qui commencent chaque année à fumer ».

La Confédération des buralistes a opposé à cette proposition que la France « compte pas moins de 8 passages frontaliers, soit autant de canaux d’approvisionnement différents, avec ses propres prix et ses propres règles ».
Pour Thomas Fatôme, « il faut aussi en effet poser ce sujet au niveau européen ».

« Depuis longtemps, l’Europe considère le tabac comme une marchandise comme une autre. On peut aller de l’autre côté de la frontière, s’acheter beaucoup de cigarettes. Est-ce que c’est normal ? », questionne-t-il.

7 Juil 2026 | Associations
 

logo cnct

En proposant, dans son rapport Charges et Produits pour 2027, d’interdire la vente de tabac à toute personne née après le 1er janvier 2009, l’Assurance maladie vient de donner un poids institutionnel décisif à une mesure que le CNCT soutient.
Une prise de position d’autant plus notable qu’elle est désormais partagée, à titre personnel, par la ministre de la Santé, Stéphanie Rist (voir le 4 juillet).
Pour le CNCT, la trajectoire est claire : la génération sans tabac n’est plus un horizon lointain, c’est une échéance politique qui se rapproche.
Nous reprenons le communiqué du CNCT (Comité national contre le tabagisme) à propos de l’interdiction générationnelle qui occupe désormais l’actualité du secteur (voir les 2, 3 et 6 juillet).

Une mesure enfin portée au plus haut niveau institutionnel

Dans son rapport publié le 2 juillet, l’Assurance maladie rappelle que la prévalence du tabagisme reste, en France, à un niveau encore trop élevé et détaille le poids sanitaire considérable qui en découle.

L’épidémie tabagique pèse très fortement sur le système de santé qui est non seulement à bout de souffle mais est confronté à un problème de financement majeur. Dans cette perspective, il est essentiel que les politiques de prévention permettant de réduire, dès le court terme, les charges pour l’Assurance maladie soient particulièrement déployées. C’est notamment le cas des mesures de lutte contre le tabagisme, qui sont démontrées comme particulièrement coût/efficaces.

Dans cette perspective sanitaire et médico-économique, l’Assurance maladie apporte son soutien explicite à la proposition de loi « Pour une génération sans tabac », déposée à l’Assemblée nationale en novembre 2025 par le député Nicolas Thierry et cosignée par 40 parlementaires de tous bords, dont l’ancien ministre de la Santé, Yannick Neuder (voir le 4 novembre 2025).
Un texte resté sans débat parlementaire depuis plus de sept mois, malgré son caractère transpartisan. Lire la suite »