A J-92 des élections municipales, Le Parisien/ Aujourd’hui en France est allé tâter le pouls de la campagne à Tourcoing, où la concurrence « des cigarettes belges » sur le réseau des buralistes pourrait interpeller les candidats.
Jean-Daniel Russier, 58 ans, buraliste de la Grand-Place à Tourcoing, empoigne un pot de tabac acheté à moins de 3 km de chez lui, de l’autre côté de la frontière belge, à Mouscron. 9,60 euros contre 23 euros dans sa boutique. Idem pour les cigarettes : 4,60 euros contre 6,50 euros, avant la hausse du 13 janvier. « Ce n’est plus une différence, c’est un gap. Tous les jours, on entend des clients qui nous disent : Qu’est-ce qu’elles sont chères vos cigarettes ! »
A Tourcoing, poursuit l’article, le métier de « marchand de clopes » est clairement menacé. « En sept ans d’activité, j’ai vu une dizaine de mes collègues fermer. Sans compter les quatre ou cinq qui baisseront le rideau dans l’année qui vient », pronostique Jean-Daniel. Lui s’en sort mieux avec une « stagnation » de son chiffre d’affaires qu’il ne doit qu’à la disparition des bureaux de tabac voisins, dont il a récupéré « quelques clients ». « Je serai peut-être le dernier des Mohicans. Ce qui est sûr, c’est que cette concurrence déloyale met, à terme, mon commerce en péril », assure-t-il.
Alors, il a confié ses misères au député UMP Gérald Darmanin, candidat aux municipales à Tourcoing dont la municipalité est socialiste : « il a dit qu’il ferait passer le message à l’Assemblée. La France peut décider de baisser ses prix. En Corse, les cigarettes sont 20 % moins chères, on sait faire pour cette île, alors pourquoi pas pour les zones frontalières ? ».
Dans un bar-tabac à 300 m de là, on ne croit plus à un avenir meilleur. « On va arrêter, on nous tue à petit feu », se désespère le patron, puis son épouse : « quand on voit des clients prendre un café chez nous en roulant leurs cigarettes avec du tabac belge, ça nous fait mal ».




