On sait que Montpellier et le département de l’Hérault sont particulièrement affectés par le phénomène des épiceries vendant du tabac. D’où l’intérêt du procès qui s’est tenu ce 13 août au tribunal correctionnel de Montpellier. Là, on va plus loin que la simple fermeture administrative…
Les prévenus : cinq trafiquants de tabac, dont quatre épiciers, interpellés le 25 juin après une enquête minutieuse du service local de police judiciaire de Montpellier. Lors de leur interpellation, on avait retrouvé 120 cartouches de Philip Morris, 545 bonbonnes de protoxyde d’azote, une arme de poing et 17 000 euros. Les épiceries étaient situées dans le quartier (à problèmes) de Saint-Martin, situé dans le sud de Montpellier. Tous les prévenus ont déjà été condamnés pour trafic de cigarettes, les épiceries ayant alors connu des fermetures administratives. Lors de leur comparution immédiate, en juin dernier, les prévenus avaient demandé un délai pour préparer leur défense.
Leur mode opératoire : approvisionnements réguliers par petites quantités à la frontière espagnole ou en Andorre ; stockage dans quelques box discrets ; livraison quotidienne aux épiceries.
Les verdicts : entre deux ans et six mois de prison (avec des sursis… de deux ans) ; interdiction de gérer définitive ; entre 6 000 et 17 000 euros d’amendes ; interdiction de fréquenter le quartier. C’est relativement clément pour des récidivistes.
Un commentaire : « Cette affaire est symptomatique de l’évolution du trafic et de la normalisation de la vente illégale de cigarettes dans les épiceries de quartier, Montpellier étant une ville particulièrement touchée », selon Daniel Bruquel, chef du service Prévention du commerce illicite de Philip Morris France, qui s’est exprimé dans la presse locale. « 80 % des commerces de proximité de la ville vendent illégalement des cigarettes de contrefaçon ou de contrebande. À cela s’ajoute la vente illégale, dans ces mêmes établissements, de cigarettes électroniques jetables, puffs. »




