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3 Déc 2021 | Trafic
 

Des tonnes de marchandises issues de saisies douanières (cigarettes, cannabis, contrefaçons …) sont incinérées à Val’ergie, l’usine de traitement des déchets, à Ludres (voir 30 juillet 2017). Mais tout ne partait pas en fumée …

La police vient de stopper une organisation interne qui volait des produits voués à la destruction, avant l’arrivée à l’incinérateur, révèle L’Est Républicain.

•• Une fois la marchandise dépotée, une tractopelle entrait en action et écrasait les produits sous ses pneus crantés et ses coups de godet, avant de pousser le tout dans la fosse géante à déchets.

Reste que l’intervention de l’engin de chantier était largement insuffisante pour réduire en bouillie, à même le quai, l’intégralité des saisies : une manne pour des individus peu scrupuleux qui voient en ces marchandises restées intactes, un bon moyen de s’enrichir.

•• « Certains employés réussissaient à récupérer, dans les trémies, du tabac en vue de sa revente » a confirmé François Pérain, Procureur de la République de Nancy.

Après qu’un système de surveillance fut mis en place pour lever ses doutes, Véolia signalait à l’hôtel de police de Nancy, au mois d’octobre, des faits de « vol par ses salariés ». Les policiers se sont alors déplacés sur le site pour une surveillance discrète alors que les douaniers venaient d’apporter plus d’une tonne de tabac à détruire.

« Quatre salariés étaient interpellés et placés en garde à vue, après avoir été vus en train de voler de nombreux cartons de tabac pour un montant approximatif de 50 000 euros », précise François Pérain, « par la suite six autres personnes étaient placées en garde à vue ».

•• Parmi elles, un couple de quinquagénaire domicilié dans le Lunévillois qui servait a priori de « nourrice » et stockait une partie des détournements. Au final, « il était découvert 94 kilos d’herbe de cannabis et 42 kilos d’héroïne, ainsi que des cigarettes et du tabac » indique le procureur.

Un véritable réseau qui rapportait très probablement beaucoup d’argent à ses membres, d’autant que chez l’un des employés, près de 3 000 paquets de cigarettes ont été saisis. Chez un autre, ce sont plusieurs milliers d’euros qui ont été placés sous scellés judiciaires.

•• Il est mis en exergue le rôle tenu par deux des salariés qui auraient commencé à revendre du tabac détourné depuis environ trois ans. Par ailleurs, des stupéfiants auraient été revendus à deux reprises, selon le chef du parquet nancéien. Ces deux principaux mis en cause, salariés de Val’ergie âgés de 43 et 52 ans, ont été placés en détention provisoire mardi 30 novembre tandis que le couple du Lunévillois, lui, était remis en liberté sous contrôle judiciaire.

Les six autres suspects gardés à vue ont été libérés mais « seront ultérieurement convoqués par le juge d’instruction », souligne François Pérain alors qu’une information judiciaire a été ouverte pour tenter de faire toute la lumière sur cette organisation et son réseau d’écoulement.