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18 Fév 2026 | Trafic
 

Au total, six personnes comparaissent depuis ce 16 février pour des importations de cigarettes de contrebande, réalisées entre le 9 août 2024 et le 29 janvier 2025 via des ferrys en provenance de Tunisie. Nous reprenons l’information de l’AFP.

Une nouvelle affaire qui illustre « la porosité » du Grand Port Maritime de Marseille.

Deux têtes de réseau, un convoyeur et trois dockers – dont un oncle et son neveu – comparaissent pour 29 importations de cigarettes réalisées entre le 9 août 2024 et le 29 janvier 2025. Chacune d’elles porte sur 500 cartouches environ, soit plus de 14 000 cartouches représentant plus d’1,8 million d’euros sur le marché licite.

Les deux dockers présents devant le tribunal correctionnel – un troisième est jugé en son absence – ont détaillé leur rôle dans ce trafic très structuré. L’un d’eux est délégué syndical.

À l’arrivée d’un navire de la Compagnie Tunisienne de Navigation, un docker complice, le neveu ou l’oncle selon les jours, récupérait à l’extérieur du port un véhicule apporté par un convoyeur du réseau. « C’est pas une excuse », a rétorqué l’un d’eux au tribunal à l’évocation d’une dette de jeu de 25 000 euros.

Pour leurs services rendus au réseau, les dockers recevaient un euro par cartouche, soit 300 à 500 euros par importation. L’un d’eux avait été interpellé le 29 janvier 2025 lors d’un contrôle par les Douanes dont le véhicule venait de sortir du garage d’un navire. Il transportait 803 cartouches de cigarettes.

Les marins tunisiens n’ont pas été identifiés et l’enquête a montré qu’un agent de la sécurité du port de Marseille, surnommé « Le Chauve », aurait été payé une centaine d’euros par passage pour fermer les yeux. Il n’a pas été poursuivi. Désignés par un docker comme « les deux capos », les organisateurs du réseau ont nié toute participation, ne reconnaissant qu’un petit commerce au détail de cigarettes de contrebande.

L’un d’eux, gérant d’une alimentation d’Aubagne, avait été condamné en 2020 à six ans de prison pour une importation de stupéfiants. La découverte de près de 80 000 euros sous le matelas d’un lit d’enfant au domicile de sa sœur illustre, selon la juge d’instruction, « le caractère particulièrement lucratif de ce trafic », exposant à un risque pénal moindre que les stupéfiants.