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21 Fév 2014 | Trafic
 

OFDTQuand l’Observatoire français des Drogues et des Toxicomanies donne des chiffres sur le marché parallèle …

En novembre dernier, l’OFDT a réalisé une enquête téléphonique sur la cigarette électronique que nous vous avons présentée tout récemment (voir Lemondedutabac des 18 et 13 février). Mais il faut savoir que cet outil a été utilisé également pour en savoir plus sur « les moyens d’approvisionnement en tabac des fumeurs ». A partir « d’un échantillon de 2 052 individus représentatif de la population métropolitaine, obtenu par la méthode des quotas ».

• Résultat : 77 % des fumeurs de l’échantillon, seulement, ont déclaré que leur dernier achat de tabac s’est fait chez un buraliste. Le reste ? 17% ont fait cet achat dans un pays frontalier et 6% « ailleurs » : à la sauvette dans la rue, sur internet, dans un duty-free, dans un pays étranger non-frontalier, etc.
Cela donne exactement 23 % de marché parallèle (achat hors du réseau des buralistes), selon l’OFDT.

• L’Observatoire établit une comparaison entre ces résultats et ceux d’une autre étude commandée par ses soins en 2010. Mais à l’époque, il s’était agi d’une enquête conduite en collaboration avec l’INPES et réalisée par BVA. Auprès d’un échantillon de 770 fumeurs. Il en ressortait qu’à l’époque, déjà, 77% des fumeurs de l’échantillon s’approvisionnaient chez un buraliste. 15% dans un pays frontalier. 6% « ailleurs ».

> Soit une tendance claire et qui ne fait que confirmer, sur trois ans, l’ancrage significatif d’un mode de consommation où l’on a pris l’habitude de s’approvisionner ailleurs que chez un buraliste.

> Moins clairs, les commentaires attribués à ces résultats par le rapport de l’OFDT. On peut y lire : « il semble que les moyens d’approvisionnement des fumeurs français n’aient que faiblement évolué, malgré les hausses de prix ». Déduction un peu hâtive, ne serait ce que par le fait que l’on ignore tout des quantités achetées par les sondés …

> Autre commentaire douteux : à propos du passage de 15% (enquête de 2010) à 17% (2013) de la proportion des achats dans un pays frontalier : « cet accroissement n’est pas significatif, et ne se ferait de toute façon pas, semble t-il, au détriment du réseau  des buralistes  français mais plutôt des autres moyens d’approvisionnement ». On se demande bien ce qui autorise l’OFDT à soutenir avec une telle assurance cette interprétation.

En tout cas, la tendance qui ressort de ces études, tout comme les nuances qu’elles présentent avec d’autres, plaident pour la mise en place d’un véritable observatoire national sur le marché parallèle du tabac. Les chiffres peuvent se suffire à eux mêmes.