Une fenêtre sur l’actualité quotidienne de tous les événements liés directement ou indirectement au tabac
2 Fév 2015 | Trafic
 

À Marseille, a été créée, il y a quinze jours, une brigade spécialisée dans la traque des « sauvettes » des quartiers Noailles et de la porte d’Aix. Huit fonctionnaires y sont affectés. Le quotidien La Provence a suivi ces enquêteurs sur la piste de cette délinquance « légendaire » de la cité phocéenne. 

Revendeur MarseillePremière scène. Jeudi après-midi, un jeune homme de 24 ans, a mal choisi les clients qu’il haranguait, près de la porte d’Aix en plein centre de Marseille. Il tombe sur deux fonctionnaires de police en civil qui patrouillaient, capuches et bonnets sur la tête. Au cours des palpations, 9 paquets de cigarettes sont saisis sur cet individu en situation irrégulière. A son domicile, 150 paquets de cigarettes venus d’Algérie.
« Évidemment, on traitait ce problème avant la création, il y a deux semaines, de notre brigade, mais là on les déstabilise tous les jours, on leur tient la dragée haute pour faire place nette », témoigne le chef de ce nouveau groupe de voie publique.

Un buraliste du quartier Noailles apprécie : « très franchement, il est encore trop tôt pour que cela se ressente sur mes ventes de cigarettes, mais je me réjouis de cette action, même s’il a fallu attendre longtemps pour cela. Ces vendeurs prennent une très grosse part de marché ».

Selon les enquêteurs interrogés, les vendeurs de cigarettes gagneraient entre 2 et 3 euros par paquet vendu sous le manteau. « En trois semaines, on a serré une trentaine de personnes pour de la vente à la sauvette de cigarettes », se satisfait le chef de la brigade, « l’un d’eux, un gars un peu âgé, se mettait tous les matins à la sortie du métro Noailles, il avait toujours une dizaine de cartouches de cigarettes cachées tout autour de son ventre, et il empochait au moins 200 euros en une matinée  ! Il y a les petits, qui vendent quasiment à l’unité, mais il y a aussi de vrais réseaux structurés comme pour  un trafic de stupéfiants avec des rabatteurs, des vendeurs, des approvisionneurs et des grossistes ». Certains forcent même des petits commerçants à cacher leur marchandise : « ils sont agressifs et si certains commerçants touchent un petit billet, la plupart de ceux qui acceptent, le font par obligation, pour acheter leur tranquillité ».

Ce commerce de tabac illégal a, rappelle La Provence, provoqué ces derniers mois des rixes ultra-violentes – au couteau mais aussi parfois au sabre – entre les différentes bandes originaires notamment d’Annaba, Oran ou Alger.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.