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7 Juil 2016 | Trafic
 

Trafic La Chapelle MetroExit Barbès ? Depuis quelques mois, les vendeurs de cigarettes de contrebande ont fait leur apparition, à quelques centaines de mètres, aux abords de la station de métro La Chapelle. Chassés plus ou moins de Barbès par des opérations coup de poing des douanes et de la police, des groupes d’hommes – une centaine selon Le Parisien de ce jeudi 7 juillet – se massent autour de cette station de la ligne 2 du métro.

« Après le printemps arabe, ce sont les Tunisiens qui ont majoritairement investi le secteur » souligne une source policière, « certains sont restés et ont été rejoints par d’autres exilés, sans papiers pour la plupart ». La majorité de ces cigarettes proposées à la sauvette sont des produits de contrebande, importés illégalement par les réseaux de trafiquants, du Sénégal et des pays de l’Est, notamment d’Ukraine. « Des cigarettes que l’on appelle cheap white », souligne la direction des douanes, « ces produits lowcost, de marques inconnues dans l’Hexagone, sont vendus quelques dizaines de centimes dans leur pays d’origine et proposées à 3,50 euros ou 4 euros sur les trottoirs de Paris et de quelques grandes villes de France par des vendeurs très pauvres auxquels on donne l’obole ».

Les riverains doivent subir aussi une certaine forme d’agressivité. Jeudi dernier, un sexagénaire a été passé à tabac par un groupe de vendeurs de cigarettes auxquels il avait simplement demandé de lui laisser un passage pour atteindre la sortie de la station.

Les buralistes du quartier accusent le coup. « On les a vus débarquer comme ça, du jour au lendemain, alors qu’on ne les croisait jusqu’à présent qu’à Barbès », confie une buraliste, « et depuis deux mois, c’est de pire en pire. Ils viennent vendre leurs cigarettes jusque devant chez moi ». « Les gens du quartier sont prêts à acheter n’importe quoi du moment que c’est moins cher que les vrais paquets. C’est très préjudiciable pour les affaires », assure un collègue. Selon la Fédération des buralistes d’Ile-de-France, la revente à la sauvette cause, dans les secteurs où les vendeurs sont les plus nombreux, une chute des ventes de plus de 8 % chez les débitants de tabac.

« Nous faisons de la régulation dans le trafic de cigarettes » assure la Direction générale des Douanes interviewée par Le Parisien, « mais c’est très difficile de le stopper malgré les saisies régulières de marchandises, à l’aéroport de Roissy notamment. Les vendeurs n’ont jamais beaucoup de paquets sur eux. L’essentiel de ce qu’ils proposent à la vente est entreposé dans des appartements et des box du quartier où ils viennent se réapprovisionner une fois leur stock écoulé ».