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30 Mar 2017 | Trafic
 

Après deux jours de procès, le tribunal correctionnel de Blois a condamné, ce mardi 28 mars, à des peines allant de deux ans ferme à un an avec sursis, douze personnes impliquées dans un vaste trafic de vente de cigarettes de contrebande (voir Lmdt des 8 et 2 juin 2015). Au cœur de la France. 

•• Difficile de mesurer l’ampleur exacte de ce trafic de cigarettes dans lequel on compte six Arméniens, un Syrien, deux Géorgiens, résidant essentiellement à Blois et Vendôme, ainsi que trois Polonais. Mais la quantité de marchandises saisie, lors de l’une des livraisons à Blois le 23 avril 2015, donne une idée de son ampleur : environ 2 000 cartouches de cigarettes conditionnées dans 40 cartons.

•• Des écoutes téléphonique, mises en place dans le cadre de l’enquête démarré en juin 2014, il ressort que le trafic n’est jamais évoqué en termes clairs entre les protagonistes. On ne parle pas de Winston, de Marlboro, de L & M ou de Camel … mais de « W », de « rouge », de « deux lettres » ou de « chameau ».

Et des chiffres en pagaille apparaissent, toujours lors de ces écoutes : des quantités, des sommes, des négociations. L’un des hommes admet qu’il arrivait à se faire en moyenne 1 200 euros de bénéfice hebdomadaire grâce à ce trafic. Chez lui, quelque 200 cartouches venant de Russie, d’Ukraine ou encore d’Arménie ont été retrouvées lors des perquisitions et presque 32 000 euros en liquide.

•• Lors des auditions en garde à vue, devant le juge d’instruction ou à l’audience, certains ont reconnu revendre eux-mêmes. Mais les quantités déclarées ne sont jamais celles qui ressortent des écoutes téléphoniques où les prévenus parlent de pneus … L’un d’eux avait, tout de même, déclaré dans une de ses auditions, en citant les prénoms de plusieurs hommes jugés à Blois, que ce groupe était « le deuxième plus gros importateur en France » de cigarettes.

•• Toutes les peines ont été assorties d’amendes douanières. L’une des protagonistes devra verser 81 250 euros, un autre 11 050 euros. Les dix autres personnes ont été condamnées à payer solidairement 327.990 €. Au total, les amendes douanières se montent à 420 290 euros. Les douanes avaient réclamé un montant total était supérieur à un million d’euros.