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27 Mar 2025 | Profession
 

Dans lAude, la baisse de la vente de tabac chez les buralistes est supérieure à celle en France : -14% en 2024. La présidente de la fédération départementale des buralistes, Valérie Gauthier, apporte des éclairages dans LIndépendant

Plusieurs raisons sont évoquées et à commencer par la proximité avec les frontières. « En se rendant en Espagne, on trouve le paquet de cigarette à 6 euros », rappelle Valérie Gauthier, « cest une concurrence imbattable lorsque chez nous, selon les marques, les prix grimpent jusqu’à 13 euros lunité. »

Les Audois semblent d’autant plus se tourner vers cette alternative pendant la période estivale. « Le reste du temps, en 2024, le niveau des ventes restait assez constant » souligne la présidente. « Mais dés quil y a une hausse du prix du tabac, les consommateurs anticipent et se tournent vers dautres fournisseurs que les buralistes. La tendance semble se poursuivre sur les deux premiers mois en 2025. »

•• Au sein du département, le sujet des achats aux frontières vient sajouter à un autre encore plus vaste : le marché noir.

« Les trafics et les ventes sous le manteau ne datent pas dhier mais ils sintensifient. Même si nous recevons des fiches informatives recensant les lieux connus de ces transactions illicites, les combattre relève presque du défi impossible. Les villes comme Carcassonne, Narbonne ou encore Lézignan-Corbières sont principalement touchées. »

Dans ces agglomérations, les situations diffèrent en fonction du contexte. Il suffit par exemple que, du jour au lendemain, un point de trafic apparaisse à proximité d’un buraliste pour voir le chiffre d’affaires de ce dernier chuter.

Lutter contre la baisse est rendu d’autant plus compliqué que le territoire est vaste et varié. « Vers le littoral, on peut compter sur la présence des touristes étrangers pour sapprovisionner chez nous » soulève Valérie Gauthier, « dans certaines communes plus reculées, on enregistre une diminution de la consommation à moins 20 %. »

•• Outre les problèmes de concurrence étrangère et de marché noir, quid de ceux qui décident tout simplement d’arrêter ? Pour la présidente de la fédération des buralistes dans l’Aude, ces profils ne représentent qu’une infime part, ne suffisant pas justifier la diminution grandissante de la consommation.

« Début janvier 2025, on a connu une nouvelle hausse du prix. On entendait beaucoup de gens dire « j’arrête de fumer » en guise de résolution. Aujourdhui, le discours a changé. Cest plutôt : j’arrête de me fournir en France. » (Voir aussi 28 février et 2 janvier) Photo : ©Indépendant / Ph. Leblanc