Poids des mots. Choc des photos. Sous la plume d’une envoyée spéciale, Paris Match, dans son édition de cette semaine, nous replonge dans les circonstances qui ont précédé le drame de Marignane (voir Lemondedutabac des 23 et 24 août). Une enquête qui démarre sur « le climat d’insécurité, de peur quotidienne » qui règne chez les buralistes. Extraits :
« … Dans la région marseillaise, les braquages de buralistes sont devenus une mauvaise habitude. Dans la seule cité phocéenne, il y en aurait deux par jour, une hausse de 4,64 % depuis le début de l’année. Effrayant… Tous les commerçants dénoncent un climat d’insécurité, de peur quotidienne. L’angoisse de « mourir pour des clopes ».
« Une inquiétude partagée partout en France car, selon la Confédération des buralistes, une hausse de 10 à 15 % a été enregistrée entre juillet 2012 et juillet 2013 pour ce type d’affaire. Des agressions brutales, souvent minutées. Motivées en partie par le prix des cigarettes.
« Une cartouche coûte en moyenne 67 euros, alors qu’au marché noir elle est revendue 45 euros » explique une source policière, « plus le prix du paquet augmente, plus il est lucratif d’en voler. Il y a encore et toujours le problème du deal. Les réseaux de drogue sont très puissants. Les petits revendeurs s’endettent auprès des fournisseurs et braquent des buralistes ou des bijouteries pour les rembourser. Sinon, ils meurent… Le trafic s’étend comme la peste sur les commerçants, sur la vie publique et sur la société, et le business tue des gens honnêtes. »
« A La Civette du Rampal, le patron semblait épargné … quand, soudain, ce jeudi 22 août, deux jeunes hommes habillés en noir surgissent dans sa boutique, cagoulés et armés. Deux minots, nerveux et agités. Leurs gestes sont maladroits, mais leurs regards sont furibonds et déterminés. L’un, très agressif, grande gueule, épaule son fusil à pompe, met en joue le propriétaire et vocifère. L’autre pique la caisse et des dizaines de paquets de cigarettes, qu’il jette dans deux sacs noirs zippés. Le hold-up dure quelques minutes… Interminables pour le patron du commerce. Puis les deux voyous prennent la fuite sur leur deux-roues volé, un engin puissant et assourdissant, direction avenue Clément-Ader. »
La suite, fatale, on la connaît …




