Le groupe public, qui n’est plus capable de distribuer correctement le courrier pourtant de moins en moins volumineux, cherche à tout prix d’autres activités pour se maintenir en vie.
C’est ainsi que démarre un article de l’IREF (Institut de Recherches économiques et fiscales / voir 16 et 6 décembre) … guère tendre sur les récentes évolutions de La Poste.
•• Malheureusement, les diversifications menées ces dernières années ne sont guère probantes. Nous avons déjà eu l’occasion d’évoquer le fiasco de Ma French Bank, filiale de la Banque postale, lancée en 2019 alors que les premières banques en ligne sont arrivées sur le marché en 2005. Résultat : Ma French Bank a fermé ses portes car elle n’a séduit que 750 000 clients et n’a bien sûr jamais gagné d’argent.
Il y a quelques jours, la Banque postale annonçait se séparer de KissKissBankBank, une entreprise de financement collaboratif (crowdfunding) fondée en 2010. Rachetée en 2017 par la Banque postale, elle est aujourd’hui reprise par son concurrent Ulule malgré ses lourdes pertes. Une des filiales de KissKissBankBank, Lendopolis, plateforme de financement participatif par prêts (crowdlending) pour les TPE et PME, a, elle aussi, été vendue à son concurrent direct, Lendosphere.
Du côté de la livraison, métier censément être maîtrisé par le groupe public, ce n’est guère mieux. Stuart et Urby, sociétés de livraisons urbaines, ont été respectivement vendue et fermée. C’est au tour maintenant d’Epicery, une entreprise offrant aux petits commerces de proximité un service de livraison à domicile. Elle a connu un boom pendant la pandémie de covid-19 et La Poste a cru judicieux de la racheter en 2021. Las, depuis le chiffre d’affaires stagne et les pertes restes importantes (9,56 millions d’euros en 2022, 5,59 millions d’euros en 2023). C’est ce qu’on appelle un investissement à contretemps !
•• Pourtant La Poste a de grandes ambitions avec les startups. N’a-t-elle pas créé, en 2021, un fonds de capital-investissement, « La Poste Ventures », doté de 35 millions d’euros d’investissement pour investir dans une vingtaine de startups en cinq ans ?
Pour l’instant, on cherche les réussites. Beaucoup mettent en avant la difficulté qu’il peut y avoir à intégrer des startups dans un grand groupe, qui plus est à culture publique forte, dont les modèles opérationnel et économique peuvent être très différents. C’est une explication possible.
Il y en a une autre : les investissements de La Poste n’ont pas de logique économique, mais sont idéologiques. Les startups sélectionnées par le groupe publics doivent en effet mettre en œuvre des « démarches à impact positif au cours de leur croissance, telles que la neutralité carbone et la parité ». Peu importe qu’elles aient un marché et des clients ! Comment s’étonner que ça ne marche pas ?




