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24 Juin 2024 | Observatoire
 

La pollution atmosphérique constitue le deuxième facteur de risque de décès dans le monde.

Tel est le constat dressé par les instituts de recherche américains Health Effects Institute (HEI) et Institute for Health Metrics and Evaluation (IHME), dans la 5e édition du rapport « State of Global Air » (SoGA) publiée ce 19 juin, pour la première fois en partenariat avec l’Unicef. (Voir aussi 30 août 2023, 15 juin 2022).

•• À lorigine de 8,1 millions de morts sur la planète en 2021, la trop mauvaise qualité de lair (intérieure et extérieure) dépasse dorénavant le tabac et la mauvaise alimentation en tant que facteur de risque de décès. Seule lhypertension artérielle fait pire.

Chez les enfants de moins de 5 ans, cette pollution a été impliquée dans plus de 700 000 pertes tragiques, ce qui en fait là aussi le deuxième facteur de risque de décès pour cette tranche d’âge, après la malnutrition. Parmi ces disparitions infantiles, 500 000 sont attribuables, d’après le rapport, à l’altération de l’air domestique due à la cuisson avec des combustibles polluants, principalement en Afrique et en Asie.

•• Cette estimation – la plus récente, à ce jour, de la littérature scientifique – porte sur l’année 2021. Plus précisément, elle se fonde sur les plus récentes données disponibles de l’étude « Global Burden of Disease », un programme international de recherche en épidémiologie mené dans 204 pays et dirigé par l’IHME auquel participent plus de 10 000 chercheurs.

Il y a deux ans, dans un article paru dans The Lancet Planetary Health, la base de données du Global Burden of Disease avait permis aux scientifiques d’affirmer que la pollution de l’air avait été « responsable » de 6,7 millions de morts en 2019. Un chiffre référence repris par l’Organisation mondiale de la santé. Remis à jour, celui-ci a donc grimpé à 8,1 millions.

•• Le rapport précise que plus de 90 % de ces décès (7,8 millions) sont dus à la pollution atmosphérique par les PM2.5, ces « particules fines [dont le diamètre est inférieur à 2,5 micromètres, ndlr] si petites quelles restent dans les poumons et peuvent pénétrer dans la circulation sanguine ». 

Issues principalement de combustibles fossiles ou induites par les transports, l’habitat, les activités industrielles, les feux de forêts, ces particules fines PM2.5 « contribuent aux gaz à effet de serre qui réchauffement la planète », souligne l’étude, mais elles augmentent aussi « les risques de maladies invalidantes pour des millions de personnes ».

« Pratiquement, tous les habitants de la planète respirent chaque jour des niveaux de pollution atmosphérique nocifs (…) Ce qui pèse lourdement sur les systèmes de santé, les économies et les sociétés », peut-on lire dans l’étude.

•• Cette 5ème édition du rapport SoGA met aussi en lumière le rôle d’autres polluants. Selon les données de 2021, l’exposition à long terme à l’ozone (O3) a provoqué, par exemple, environ 490 000 décès dans le monde, dont 14 000 par maladies pulmonaires obstructives chroniques.

Cet ozone de basse altitude est lui-même formé à partir du dioxyde d’azote (NO2), polluant majeur qui trouve principalement son origine dans les gaz d’échappement des véhicules.