« J’attends des pouvoirs publics des actions, j’attends de la justice de la réaction », tonne Philippe Coy, alors qu’une loi de juillet 2023 a renforcé les sanctions contre les commerces qui vendent illégalement des cigarettes (voir 20 juillet 2023). Philippe Coy, président de la Confédération des buralistes, se dit révolté. C’est ainsi que débute son interview dans Le Parisien de ce jour à propos de la vente de cigarettes dans les épiceries.
• Peut-on chiffrer le phénomène des ventes de cigarettes à l’unité ?
•• Philippe Coy : Non, c’est très compliqué. On ne peut pas avoir de données précises puisque c’est illicite. Mais c’est un fléau partout sur le territoire, ça pullule. Tous les jours, je saisis les Douanes parce que mes collègues n’en peuvent plus.
Imaginez, à côté de mon domicile, l’épicier le fait. C’est en hébergeant un membre de ma famille scolarisé à côté que je l’ai su. Tout son établissement vient se servir là. J’ai fait un signalement à l’administration, je suis allé voir le commerçant pour lui dire que c’était illégal, mais il continue. Qu’est-ce que je peux faire de plus ?
• L’an passé, les peines pour les contrevenants n’ont-elles pas été renforcées ?
•• Philippe Coy : On s’est battus pour ça mais, honnêtement, on a un sentiment d’abandon sur les moyens répressifs pour lutter efficacement contre ce fléau. Quand va-t-on appliquer les règles ? J’attends des actions de la part des pouvoirs publics et j’attends des réactions de la justice.
On ne peut pas avoir des gens qui, impunément, contournent les règles et donnent accès aux plus jeunes à ces produits. Parce que, forcément, les clients, ce sont surtout des jeunes qui n’ont pas les moyens de se payer un paquet à 11 euros 50. Et après, les autorités augmentent le prix du paquet parce que c’est un enjeu de santé publique … Mais la première chose, c’est de rendre le tabac accessible uniquement dans les structures autorisées : les buralistes.
• Que demandez-vous à l’État ?
•• Philippe Coy : Il faut être plus ferme. Le seul exemple positif que je peux vous citer, c’est dans la ville de Montpellier. La municipalité, la préfecture, la police et le département mènent des opérations coup de poing, où ils contrôlent les épiceries régulièrement et aléatoirement (voir 7 septembre et 31 août).
Mais bon, tout va très vite aussi. Maintenant, comme la répression est forte, ce sont les barber shops ouverts toute la nuit qui s’y mettent. Vous pouvez ressortir avec une coupe de cheveux et une cigarette, ça n’est pas normal.




