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25 Juil 2021 | Profession
 

Le 22 août prochain, un ancien buraliste de Vichy sera reconnu à titre posthume « Juste parmi les nations » (distinction décernée au nom de l’état d’Israël pour des civils qui ont mis leur vie en danger pour sauver des Juifs). 

Il s’appelait Étienne Espinel. Au péril de sa vie, il a protégé et caché les cinq membres d’une famille juive chassée par la Gestapo.

Avril 1944, Vichy : Moshe Oren, son frère, sa sœur et leurs parents vivaient alors – très discrètement – dans un appartement situé juste en face d’un débit de tabac.

•• « Mon père était un grand fumeur. Au moment où il prenait sa ration de cigarettes, deux voitures sont arrivées et se sont arrêtées juste devant notre maison … C’était la Gestapo et la Milice française » rapporte, à France 3, Moshe qui vit aujourd’hui en Israël.

Étienne Espinel, le buraliste, réagit immédiatement et arrive à se débrouiller pour réunir les cinq membres de la famille et les mettre tout de suite en sécurité sans que cela ne se remarque. Puis il les aide à se cacher à quelques kilomètres de là, à Longepré, dans l’Allier. La fin de la guerre approchant, la famille est sauvée. Elle part s’installer plus tard en Israël.

•• Et c’est donc cette famille Oren qui a demandé l’attribution du titre de « Juste parmi les nations » à ce buraliste pour son courage, sa force et sa discrétion qu’il a conservés jusqu’aux derniers jours de sa vie.

Son petit-fils, Philippe Espinel, explique : « j’ai été très surpris car mon grand-père était quelqu’un d’aimant pour ses petits-enfants et très pudique sur ses actions passées. Il s’occupait plus du bonheur de ses petits-enfants que d’évoquer autre chose. Mon père non plus. Il était fils unique et ne m’a jamais évoqué ces faits ».

Pour obtenir cette médaille, il a fallu constituer un dossier, étudié à Paris, puis transmis au mémorial de la Shoah à Jérusalem. Beaucoup d’informations sont requises. Après plusieurs années de recherches sans aboutir, la famille Oren a décidé de solliciter l’aide de la représentante de la communauté juive de Vichy.

•• C’est le début d’une autre enquête. Michelle London, présidente de la communauté juive de Vichy (photo), souligne : « j’ai eu du mal au début car je butais sur le côté buraliste. En fait, à cette époque, Etienne Espinel n’était pas propriétaire mais employé. J’ai eu du mal et à un moment donné, j’ai fait passer un article dans La Montagne. Là, ça a débouché tout de suite ».

Aujourd’hui, les nombreux descendants de la famille Oren vivent tous en Israël : ils sont plus de 300 à penser toujours à celui qui a sauvé leurs aïeux.