Les buralistes du Biterrois appellent à une mobilisation ce lundi 3 février, à 15 heures 30, devant « Le Flash » pour dénoncer « la vente massive de tabac en ville », notamment dans le quartier Garibaldi, annonce Le Midi Libre.
L’établissement appartient à Solange Martinez – membre du bureau de la fédération des buralistes de Béziers/ Hérault – qui ne décolère pas: « Ça fait des années que j’alerte les pouvoirs publics – les Douanes, le Procureur, la Police… – sur le trafic de tabac dans mon quartier, ces ventes à la sauvette dont je suis cernée ! Sur le parking de la place Garibaldi, sur l’avenue Gambetta, sur l’avenue de la Marne … Je fais des fiches, des courriers. Ça fait six ans que ça dure et le trafic ne cesse d’augmenter. J’ai un revendeur qui s’installe tous les jours, à partir de 15 heures 30, et jusqu’au soir, à la terrasse d’un snack, juste à côté, et je peux vous dire que ça défile, c’est un véritable supermarché ! ».
•• La manifestation organisée par la fédération à Béziers ce 3 février se déplacera ensuite dans le quartier de La Devèze, devant l’établissement de Michel Prophète, trésorier de la fédération des buralistes de Béziers-Hérault, pour marquer leur colère.
Christian Faure-Vincent, président de la fédération héraultaise des buralistes (photo / voir 22 janvier) explique à son tour : « Les hausses de prix ne diminuent pas la consommation globale, cela a été vrai jusqu’en 2016, depuis, elle stagne. Ce système de hausses est arrivé au bout du bout : aujourd’hui, les augmentations déplacent simplement les consommateurs vers le marché illégal, où le tabac est vendu en tous lieux à des prix bien inférieurs, sans contrôle ni taxation. Un marché qui continue à prospérer. 45 % du tabac consommé en France provient du marché parallèle. »
•• « 70 % dans mon quartier » renchérit Solange Martinez. « J’ai repris ce bureau de tabac en 2004. À l’époque, j’avais trois tabacs autour de moi : un en bout des Allées, un sur l’avenue Gambetta et un sur Alphonse-Mas. De 2007 à 2010, en trois-quatre ans, à cause des hausses, ils ont fermé. C’est bien simple, depuis 2007, mon chiffre d’affaires tabac a diminué de 75 % ! ».
La raison de ce trafic, selon elle, est la différence de prix du paquet de cigarettes entre la France et les pays voisins, et au-delà. En Espagne, le prix moyen est d’environ 5 euros, 2,60 euros au Maroc. 13 euros en France. « Alors, vu la crise et le prix élevé des cigarettes, les gens d’ici vont les acheter soit en Espagne, soit sur les points de vente illégale ».




