
« Mesdames, messieurs les sénateurs, si vous cherchez 5 milliards pour équilibrer le budget, regardez du côté des marchés parallèles du tabac » : c’est ainsi que débute une tribune libre, signée Serdar Kaya (président de la Confédération des buralistes), et parue dans Les Échos à l’occasion d’une opération symbolique des élus des buralistes devant le Sénat (voir 17 novembre et ci-dessus). Nous la reproduisons.
Alors que vous débattez du budget de la Nation et cherchez, poste par poste, les recettes supplémentaires nécessaires pour rééquilibrer nos finances publiques, un gisement de plusieurs milliards d’euros continue d’être laissé à l’abandon : celui des marchés parallèles du tabac.
Selon l’étude TAFE publiée récemment par les douanes et la Mildeca (voir 23 octobre), le commerce illégal de tabac – contrebande et contrefaçon confondues – représente à lui seul un manque à gagner fiscal de 4,5 milliards d’euros par an pour l’État. Autrement dit, alors que l’on chasse les milliards pour boucler un budget, on en laisse partir en fumée chaque année dans les circuits illégaux, au bénéfice des réseaux criminels et au détriment de nos services publics.
/ Aucune stratégie en place contre ce fléau
Aucune stratégie durable n’a été pour l’instant mise en place pour prendre à bras-le-corps ce fléau du commerce illégal de tabac, composé de contrebande et de contrefaçon. En lieu et place, la réponse de l’État reste immuable et dominée par une politique de la hausse des taxes, sans comprendre que l’augmentation ininterrompue du prix du tabac n’a qu’un effet résiduel sur la consommation en alimentant toujours le cercle vicieux du marché parallèle.
Cette situation fragilise profondément une profession ancrée dans les territoires : les 22 800 buralistes de France. Commerçants de proximité, acteurs du lien social, ils ont entrepris une transformation profonde de leur métier : diversification, modernisation, nouvelles missions de service public. Mais comment poursuivre cet effort quand la concurrence déloyale des trafics sape le modèle économique légal, au détriment de la santé publique, des finances de l’État et de la sécurité de nos quartiers ?
/ Une priorité budgétaire et de sécurité
Nous vous appelons à faire de la lutte contre le commerce illégal de tabac un axe structurant de la politique budgétaire, de la politique de santé et de la politique de sécurité : en dotant durablement les services de contrôle et de répression, en coordonnant mieux l’action des différentes administrations, en engageant nos partenaires européens voisins, et en s’appuyant sur les 22 800 buralistes de France, premiers acteurs légaux de la distribution et alliés naturels de l’État.




