
Plusieurs études sur la vente de puffs (ces cigarettes électroniques jetables interdites à la vente), dans les épiceries de nuit, viennent d’être réalisées (voir les 17 et 18 décembre). Dijon détient le chiffre le plus élevé. Selon une information de Ici, signée Lise Dussaut, que nous reprenons.
Elles sont interdites et pourtant toujours en vente. Selon une étude réalisée par l’entreprise Webdrone, et publiée ce 17 décembre, les puffs, ces cigarettes électroniques jetables très utilisées par les jeunes et interdites depuis février 2025, sont vendues dans 31 % des épiceries de nuit dijonnaises (27 % à l’échelle nationale), un record parmi la trentaine de villes où a été réalisée l’étude.
La société Webdrone a mené des visites mystères, anonymes, dans 29 commerces à Dijon (un millier de commerces visités en France). Comme de simples clientes, des personnes ont essayé d’acheter des puffs – ces cigarettes électroniques jetables très prisées des jeunes, interdites depuis février 2025 – et des cigarettes de contrebande. Dans un tiers des commerces, c’était possible et c’est donc à Dijon que la proportion est la plus importante, à 31 %. Ailleurs en France, on est à 27 % selon l’étude.
Valentin Ollivier, le président de la fédération des buralistes en Côte-d’Or, et gérant d’un bureau de tabac à Couchey, n’est pas étonné : « C’est vraiment une explosion. On est la ville de France avec le plus haut taux d’épiceries visitées qui revendent le plus de puffs et de cigarettes de contrebande. »
Et cela agace la fédération : « On nous demande constamment de nous diversifier, de trouver des produits alternatifs au tabac et lorsque l’on a un produit de diversification, on nous l’interdit, donc on ne peut plus le vendre dans notre établissement. On est contrôlés. Et ces produits se retrouvent dans les épiceries de nuit. Il est interdit dans notre réseau mais on le retrouve dans des réseaux illégaux. »
« L’importance des 30 % n’est pour moi pas réelle », réagit le président de l’UCP 21 (Union des commerces de proximité), qui regroupe une vingtaine d’épiceries de nuit dijonnaises.
« Je suis très surpris, je n’ai jusqu’ici pas eu ce genre d’alerte, relate Hakim ben Mohammed. Bien entendu, je vais prendre mes responsabilités et faire un rappel à tous. Je ne vois pas de quelles épiceries il peut s’agir. Ce sont des électrons libres. Je ne sais même pas si elles sont affiliées à l’association. Si c’est le cas, je ferai ce qu’il faut pour que cela s’arrête. Sinon j’irai quand même les voir. »
Et d’ajouter : « Nous devons rester dans le cadre légal. S’il y a des électrons libres qui vendent des puffs, il faut qu’ils soient punis par la loi. »
La fédération des buralistes de Côte-d’Or demande plus de contrôles. Elle craint aussi qu’il se passe la même chose pour le sachet de nicotine. C’est une autre alternative au tabac, pour l’instant autorisée, à placer dans la bouche et qui diffuse de la nicotine pour remplacer la cigarette. Un décret est en préparation : il doit être interdit à la vente en avril prochain selon les buralistes.




