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3 Fév 2026 | Profession
 

« C’est une première en France. Une convention vient d’être signée entre des buralistes et une mairie. C’est le cas depuis ce vendredi entre la fédération des buralistes des Alpes-Maritimes et la ville de Nice. Objectif : lutter contre le trafic illégal de tabac.
Nous reprenons une information de France Bleu IciAzur du 2 février (voir aussi le 31 janvier). »

Les buralistes des Alpes-Maritimes ont deux grosses problématiques.

Une, historique, avec la concurrence frontalière de l’Italie où le prix des paquets est parfois divisé par deux. Désormais, une deuxième difficulté, qui vient de beaucoup plus près, parfois même de leur propre rue. Des commerces, qui n’ont rien à voir avec les bureaux de tabac, vendent secrètement et à l’abri des regards, des cigarettes. Parfois même à l’unité pour 50 centimes.

Des ventes de cigarettes entre deux baguettes

Dans ce podcast, vous entendrez le témoignage de Philippe, buraliste qui s’est aperçu qu’en plus des épiceries de nuit, désormais, c’est aussi la boulangerie qui vend des cigarettes entre deux baguettes.
Le paquet est vendu à 8 euros, alors que le moins cher dans le bureau de tabac de Philippe est à 11 euros 50 : « Ils vendent plus de cigarettes que de baguettes », dit-il ironiquement. « Ils vendent du tabac sans aucune règle, ils en vendent aux mineurs. Qui va contrôler un enfant qui sort d’une boulangerie ou d’une épicerie ? Alors oui, parfois, il y a des contrôles dans ces lieux, mais ils ferment un mois et rouvrent un mois plus tard. »

« On est en train de mourir »

D’autres buralistes, que vous entendrez dans le reportage, témoignent également, et réclament plus de contrôles, et une réponse judiciaire plus ferme : « Des fois, dans ces épiceries, on voit des clients sortir avec deux bouteilles de lait, un paquet de bonbons et du tabac de contrebande. C’est le cas chez des petits épiciers, des boulangers, mais aussi des barbers shops. Ce fonctionnement leur permet de gagner un peu plus à la fin du mois, mais nous, ça nous tue. Dans certains quartiers, des buralistes ont des baisses de 20 à 40 % de leur chiffre d’affaires. »

« On pourrait rapporter 5 milliards d’euros au pays ! »

Patrice, buraliste, ne comprend pas la passivité de l’État : « Il y a des buralistes, comme à la Madeleine, comme à René Cassin, ou Pasteur, où les collègues perdent 40 % de leurs revenus après. Très franchement, je n’arrive pas à comprendre l’État. L’État perd 5 milliards par an de revenus de cigarettes. Il y a un problème, le Premier Ministre, Monsieur Lecornu, dit ‘je vais faire un 49.3 parce que je n’ai pas le budget’. Mais il est là l’argent.
La contrebande de cigarettes étrangères nous coûte 5 milliards d’euros. Alors les gens achètent ailleurs les cigarettes, à l’étranger. Mais le cancer, ils l’auront en France. Ils seront soignés en France, pas en Italie ou en Espagne. Il n’y a pas 15 % de moins de fumeurs en France, il y a 15 % de moins d’acheteurs en France. Ce n’est pas pareil ! »

Une convention pour aider les buralistes

Pour aider les buralistes, une convention vient d’être signée entre la fédération des buralistes des Alpes-Maritimes et la ville de Nice. La lutte contre ces phénomènes de délinquance reste prioritairement du ressort de l’État, mais avec ce partenariat qui est une première en France, Nice s’engage notamment à réaliser plus de contrôles contre ceux qui vendent illégalement du tabac, mais aussi à aider les buralistes à mieux sécuriser leur commerce.
Anthony Borré, le premier adjoint de Nice, assure : « Avec ce partenariat, nous voulons mieux sécuriser leurs commerces et leur apporter des conseils dans ce domaine (aux buralistes).
Nous voulons leur apporter les boutons d’alerte qui seront bientôt sur le smartphone pour pouvoir sécuriser leur établissement.
Et puis il y aura des formations aussi que nous organiserons ensemble pour faire en sorte que la sécurité puisse être mieux assurée dans ces lieux de vie. »

À Nice, il y a 93 débits de tabac et il y a eu 121 fermetures d’épiceries de nuit en 2025.