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2 Fév 2017 | Pression normative
 

La « révolution est digérée » et personne ne semble conteste la (première) interdiction de fumer dans les lieux publics (lieux de travail, transports, etc.) mise en place le 1er février 2007. De quoi dresser un bilan …

• En demi-teinte pour Matthieu Rouault dans sa chronique matinale de RMC : « depuis dix ans, il est interdit de fumer dans les lieux publics et la part des fumeurs dans la société a peu évolué :  de 35 à 32 %. Et alors que les nombreuses mesures anti-tabac n’ont pas arrêté. Le seul point positif est que les Français restent attachés à cette mesure » (voir Lmdt du 31 janvier).

• Positif pour Laurent Lutse, vice-président de l’UMIH (Union des Métiers de l’Industrie et de la Restauration) : « aujourd’hui, il y a encore quelques résistants, à peine 1 % du territoire » (France Inter).

• Efficace quant au tabagisme passif pour les représentants anti-tabac. Yves Martinet, président du CNCT (Comité national contre le Tabagisme) : « il y a une baisse de 10 % des hospitalisations pour infarctus, AVC et même des hospitalisations pour asthme infantile » (France Bleu Vaucluse). « On avait dans les boîtes de nuit des taux de monoxyde de carbone et de particules fines ultra-toxiques » pour Bertrand Dautzenberg (pneumologue et « Paris sans Tabac ») au micro de France Info, « ça a disparu et le tabagisme passif a colossalement régressé. L’image de pièces enfumées est devenue gênante et même au domicile les comportements ont changé ». Mais, ce n’est pas suffisant : « On a un Plan national de Réduction du Tabagisme qui est un bon plan. Mais il manque un élément majeur : les hausses massives de prix. Pour faire baisser la consommation et mettre les lobbies du tabac à la porte. En France, on a une politique de Bercy qui est de défendre les buralistes ».

• La résistance à travers un reportage du Télégramme sur les bars rebelles dans le nord du Finistère. « Depuis 10 ans, j’accepte tous les fumeurs », témoigne un patron de bar, « c’est mieux qu’ils viennent fumer à l’intérieur au lieu de se les geler dehors. Cependant, quand un client est gêné par la fumée, on arrête ».

« C’est une loi destinée à faire disparaître les bars, les derniers lieux sociaux qui restent », déplore un cafetier du Pays léonard qui estime que « fumer seul, dehors, ce n’est pas chaleureux et en plus, on les fume deux fois plus vite car on a froid. Et quand ils vont à plusieurs fumer dehors les voisins se plaignent des nuisances sonores provoquées par leurs discussions ». « C’est comme si dans un restaurant, on vous disait de prendre votre assiette et d’aller manger dehors », soupire le gérant d’un bar-tabac, situé sur la côte.

Les contrôles des gendarmes n’ont pas l’air de les effrayer. Cependant, un patron d’établissement s’est fait pincer il y a cinq ans : « les gendarmes passaient par hasard dans mon bar. Je n’ai pu alors leur prouver que j’appliquais la loi dans mon café vu qu’ils avaient dû traverser un nuage de fumée pour accéder à mon comptoir ». Depuis qu’il s’est vu infliger une amende, plus personne ne fume désormais dans son commerce. Une décision qui lui a permis d’accueillir une nouvelle clientèle : « les parents reviennent au bistrot avec leurs enfants. Ils ne venaient pas avant, car il y avait trop de fumée ».