C’est la découverte de chercheurs de l’Institut Pasteur, du CNRS et de l’UPMC (Université Pierre et Marie Curie). Elle tend à montrer que la dépendance au tabac est influencée par le patrimoine génétique de l’individu. Ces résultats ouvriraient la voie au développement de traitements de sevrage tabagique « personnalisés », ont annoncé les chercheurs dans un communiqué de presse, vendredi 13 décembre.
Lorsque le tabac est consommé, la nicotine qu’il contient se fixe à un récepteur nicotinique, ce qui entraîne l’activation du « circuit de la récompense ». Il s’agit d’un système neuronal, qui dans un état fonctionnel normal, favorise entre autre la sensation de bien-être de l’individu. C’est l’effet de la nicotine sur le cerveau qui comble le manque ressenti par les fumeurs en cas de privation de tabac. En conséquence, la consommation de tabac d’un individu est fortement liée à la sensibilité de ce récepteur nicotinique.
Chez la souris, les chercheurs ont montré qu’une certaine mutation génétique avait pour conséquence d’abaisser fortement la sensibilité à la nicotine. Les porteurs de cette mutation ont donc besoin d’une dose de tabac plus importante pour obtenir la même quantité de plaisir qu’un individu non porteur de cette mutation (une dose environ 3 fois supérieure).
La mutation caractérisée par les chercheurs affecte une partie du récepteur nicotinique. Lorsqu’elle est présente, le fonctionnement de ce dernier est perturbé et le « circuit de la récompense » est en conséquence partiellement inactivé.
Cette mutation est fréquente chez l’homme ; d’autres études suggèrent qu’elle est présente chez 35% des Européens et près de 90% des gros fumeurs.
Les recherches ont été conduites par Uwe Maskos, responsable de l’unité Neurobiologie intégrative des systèmes cholinergiques ( Institut Pasteur/CNRS ) et Philippe Faure, chercheur CNRS au laboratoire « Neurobiologie des processus adaptatifs » (CNRS /UPMC).




