La chaîne de « dépanneurs » (vendant du tabac) Couche-Tard pourrait voir son offre sur 7-Eleven bloquée par le gouvernement japonais (voir 26 août 2024).
Les dirigeants de Seven & i, le holding propriétaire de la chaîne de petits supermarchés de proximité auraient, selon une source citée par l’agence Bloomberg, demandé au gouvernement japonais de la classer dans la catégorie des activités essentielles pour lesquelles un droit de veto peut s’exercer contre une opération de rachat.
•• L’argument serait de considérer que le commerce alimentaire de proximité est vital pour la population, notamment pour les personnes âgées, selon Les Échos. C’est exactement ce qui avait été opposé par le gouvernement français à Couche-Tard lors de sa tentative d’OPA sur Carrefour, en 2021.
Le refus du ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, avait entraîné le retrait de la proposition de rachat à 16 milliards d’euros. Pendant la crise du Covid, la distribution alimentaire avait été considérée comme stratégique pour le pays (voir 15 janvier 2021).
•• Au Japon, le ministre des Finances peut user de son droit de veto lors de toute acquisition de plus de 10 % du capital d’une entreprise située au cœur de la vie économique du pays. Mais pour que 7-Eleven bénéficie de cette protection, il faudrait que l’entreprise soit inscrite sur la liste de ce type d’activités qui ne couvre aujourd’hui que les industries aérospatiales, le nucléaire et l’extraction des métaux rares.
C’est le 20 août que le quotidien japonais Nikkei a révélé l’offre de Couche-Tard qui s’élève à 38 milliards de dollars, selon la valeur boursière de Seven & i. Si elle se concrétisait, il s’agirait de la plus grosse acquisition étrangère jamais réalisée au Japon.
•• L’offre encore considérée comme « préliminaire » doit être examinée par un comité spécial du conseil d’administration composé d’administrateurs externes qui n’a pas encore décidé s’il l’accepterait ou la rejetterait, a indiqué la direction de Seven & i dans un communiqué.
Le ministère des Finances japonais n’a pas exprimé sa position ni fait de commentaire. Seven & i est l’objet de critiques de la part d’actionnaires activistes qui estiment que son cours de Bourse est sous-évalué. Selon Bloomberg, Couche-Tard aurait l’intention de financer le rachat par la dette.




