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6 Mar 2017 | Trafic
 

Il est soupçonné d’avoir fermé les yeux sur la contrebande de cigarettes à la descente des ferries en provenance d’Algérie : trente mois de prison ferme et dix-huit mois assortis d’un sursis avec mise à l’épreuve ont été requis lundi contre un douanier marseillais ainsi qu’une interdiction d’exercice durant cinq ans dans cette administration, selon une dépêche AFP, du 6 mars au soir que nous reproduisons.

 Selon l’accusation, Luc Le Ray, 51 ans, en poste sur le port de Marseille, aurait, de 2009 à 2013, laissé passer des contrebandiers de cigarettes en échange d’un billet de 50 ou 100 euros placé dans le passeport, glissé sous le tapis de sol du véhicule ou remis de la main à la main le lendemain au marché aux Puces.

Aujourd’hui suspendu, le fonctionnaire est décrit comme « un électron libre » mais également comme « très impliqué » dans la lutte contre les stupéfiants et auquel les douanes marseillaises doivent quelques-unes de leurs plus belles saisies. Il affirme être victime d’un complot et souhaite reprendre son travail.

• Entré dans les Douanes en 1995, cet agent de constatations avait été dénoncé par une lettre anonyme puis trois contrebandiers ont affirmé, à des périodes différentes, que « Le Chinois » – surnom qu’il conteste être le sien – permettait d’éviter des contrôles à des personnes transportant cigarettes et contrefaçons.

Un « trabendo » (petit trafiquant) déclarait ainsi, en mai 2013, que « tout le monde connaît « Le Chinois ». Les gens parlent sur le bateau et savent qu’il faut se mettre sur la file de gauche parce que le Chinois est là pour contrôler ». Ses collègues ont affirmé qu’il ne voulait pas manquer les bateaux arrivant le jeudi d’Alger. L’enquête a établi des contacts téléphoniques nombreux entre le douanier et des commerçants algériens dont l’un avait été contrôlé, en octobre 2012, avec 819 cartouches de cigarettes et 6,3 kilos de tabac à chiquer.

• Des écoutes téléphoniques avec sa femme établissent aux yeux de l’accusation cette corruption même si, a reconnu le procureur Guillaume Katawandja, « l’enrichissement personnel est modéré ». S’exprimant avec son épouse en javanais – ce qui a nécessité le recours à un expert judiciaire -, le fonctionnaire annonçait : « j’ai fait passer mon gars, normalement j’aurai demain 50 euros et une cartouche de cigarettes ».

Son avocat, Maître Julien Blot, a plaidé la relaxe soulignant qu’il payait « sa forte personnalité et le fait qu’il était une grande gueule ne respectant pas les consignes de la hiérarchie ».

Voir aussi Lmdt des 21 avril 2016 et 5 janvier 2017.