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14 Jan 2017 | Trafic
 

Trafic sans frontières et impuissance de la justice européenne …

Poursuivies pour avoir organisé un important trafic de cigarettes de Roscoff vers l’Angleterre, dix personnes originaires des pays de l’Est ont été condamnées, ce mardi 10 janvier, par le tribunal de Rennes, à des peines de sept ans à 18 mois de prison. Alors que toutes ont disparu dans la nature …

• En 2009, un camion transportant des cigarettes avait fait l’objet d’un contrôle, déclenchant une procédure de la Juridiction interrégionale spécialisée de Rennes. En remontant la filière depuis les conducteurs, l’enquête avait permis de mettre en cause plusieurs sociétés de transport de diverses nationalités qui mêlaient activités frauduleuses – dont le trafic de tabac – et opérations régulières. Et parmi les transports délictueux au départ de Roscoff, l’instruction avait retenu deux expéditions de camions vers le Royaume-Uni, où un entrepôt recevait la marchandise avant de la dispatcher dans le pays. Sept tonnes de cigarettes auraient ainsi franchi la Manche.

• Huit Polonais, un Ukrainien et un Slovaque ont été mis en examen. La plupart avaient déjà été impliqués – et quelques-uns condamnés – pour trafic de cigarettes par la justice italienne. Certains d’entre eux ont été placés en garde à vue et ont pu être entendus par le juge d’instruction avant d’être laissés en liberté. Une liberté dont ils ont profité pour disparaître.

• Seul l’un d’entre eux, considéré par le parquet comme l’un des dirigeants du réseau, s’est fait représenter par un avocat. Ce dernier s’est dit surpris par la sévérité du procureur – qui a requis huit ans de prison ferme – pour un homme au casier vierge qui n’est certes pas innocent dans cette affaire mais qui n’était qu’un exécutant sans responsabilité et d’ailleurs maigrement rémunéré par le vrai patron du trafic, un mystérieux Ukrainien.

• Le tribunal l’a condamné à sept années de prison. La même peine a été prononcée contre le gérant de l’entrepôt britannique, lui aussi considéré comme responsable du trafic côté anglais, et contre le « financier » de l’opération qui introduisait des sommes en espèces dans le circuit pour rémunérer les sociétés par virements et payer les chauffeurs en liquide.

Le manutentionnaire en chef, chauffeur de poids lourd à ses heures et « surveillant » des exécutants a été condamné à cinq ans. Le logisticien, 77 ans aujourd’hui, a écopé de trois ans. Quant aux cinq livreurs et manutentionnaires, ils ont pris trois à quatre ans, à l’exception toutefois du seul qui ait reconnu son implication, en admettant qu’il se doutait que les colis qu’il manipulait ne contenaient pas les lampadaires décrits par les bordereaux. Sa bonne foi lui a valu une sanction de 18 mois d’emprisonnement.

Tous ont fait l’objet d’un mandat de dépôt, d’une confiscation des saisies (véhicules, argent), d’une interdiction de séjour dans le ressort de la Juridiction interrégionale ouest. Ils ont également été condamnés solidairement au paiement d’une amende douanière de 3,52 millions d’euros.

Mais où sont-ils ?