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26 Juil 2021 | Profession
 

Juillet 2017. Le secteur de la fintech crie à la trahison. L’une de ses start-up les plus audacieuses, Nickel, créée trois ans plus tôt (grâce au réseau des buralistes / ndlr), vient d’accepter un chèque de BNP Paribas de 200 millions d’euros. Ils sont nombreux à̀ ne pas donner cher de la peau de la jeune banque, à craindre que son nouvel actionnaire l’étouffe, que son modèle solidaire s’étiole.

Quatre ans plus tard, Nickel est restée fidèle à sa philosophie et prépare son développement en Europe. Telle est l’entame d’un article du Journal du Dimanche (édition du 11 juillet ) que nous reproduisons.

•• Avec son « compte pour tous », comme le clame ses publicités, Nickel est ouverte aux petits revenus, aux fauchés, aux jeunes, aux étrangers. À tous les autres, elle propose un éventuel deuxième compte courant, au coût de 20 euros par an, contre des frais en moyenne de 215 euros dans les banques « classiques ».

20 euros est justement la somme nécessaire pour ouvrir un compte. L’opération, réalisée chez les buralistes sur une borne dédiée, nécessite une dizaine de minutes.

Le client repart avec une Mastercard utilisable même à l’étranger et pour des achats en ligne. Dans la limite de la provision sur son compte. « Nous ne sommes pas une institution de crédit mais de paiement », précise Marie Degrand-Guillaud, directrice générale déléguée de Nickel, trentenaire venue du monde de l’économie solidaire, aussi loin que possible de la banquière au profil glacé.

•• Ces dernières années, le recrutement de nouveaux clients s’est intensifié. La banque, rentable depuis 2018, compte aujourd’hui près de 2 millions de détenteurs de compte, ce qui la classe au rang de troisième réseau français. Environ 15 % d’entre eux ne sont pas de nationalité́ française.

Près de 6 000 buralistes sont équipés d’une borne et une centaine de points de vente ouvrent chaque mois. La gamme de produits et de services s’étoffent régulièrement comme avec la Nickel Chrome, carte premium maison qui offre des avantages à l’étranger, le partenariat avec RIA pour l’envoi d’argent partout dans le monde, bientôt peut-être un chèque.

« Nous avons aussi développé́ un compte miroir qui permet de garder un œil sur le compte de ses adolescents », précise la dirigeante, jeune mère de famille.

•• Depuis Charenton, en proche banlieue parisienne, elle prépare avec ses 550 salariés son offensive à l’international. « Nous devons passer de champion français à leader européen », répète la jeune patronne, qui espère gagner hors des frontières de l’Hexagone la reconnaissance qu’elle revendique. « Le compte courant est un produit dont tout le monde a besoin. Nickel propose un produit de rupture, socialement et technologiquement innovant. »

L’Espagne, premier territoire de conquête de la banque française, a compris le message. Plus de 500 points de vente sont déjà̀ disponibles grâce à un partenariat avec un réseau de loterie. Nickel y joue la carte du service de proximité́, « de quartier » même, annonce sa campagne de lancement. « Nous visons 700 000 clients et 3 000 points de vente d’ici à̀ 2024 », prédit Marie Degrand-Guillaud.

Le lancement au Portugal et en Belgique est déjà̀ prévu pour 2022 (voir 25 juin et 8 janvier 2021).

•• Cela implique, là encore, la constitution d’équipes locales notamment pour démarcher les réseaux de distribution. En Belgique, des librairies, comme on appelle les maisons de la presse, devraient accueillir les bornes. Si l’ouverture de l’Espagne a pris plus de deux ans, Nickel veut accélérer son déploiement malgré́ le lourd volet règlementaire qu’implique son statut de banque. Elle n’a rien perdu de l’agilité́ de la start-up. Ses équipes « apprennent en accéléré », promet leur patronne.