Dans un éditorial de l’hebdomadaire Le Point, de la semaine dernière, Jean-Didier Vincent, neuropsychiatre et neurobiologiste, dénonce la focalisation sur le trou de la Sécurité sociale … alors que des « millions de drogués aux psychotropes ne sont que l’avant-garde d’une addiction collective aux médicaments ».
Les responsables politiques devraient prendre conscience qu’il s’agit de proposer autre chose que des mesures économico-financières, prévient le spécialiste : « c’est d’un véritable malaise dans le corps social dont il s’agit ».
58 millions d’assujettis, 58 millions d’addicts : « la Sécurité sociale, dont l’objectif premier est la santé et le bien-être des individus, expose ceux-ci à un assujettissement collectif, facteur de dépendance et d’assuétude », analyse Jean-Didier Vincent. Ainsi, depuis des années, on assiste à un glissement dans la prescription des psychotropes (un Français sur quatre sous antipsychotique, tranquillisant, anxiolytique ou somnifère ; 11 millions de Français consommateurs de benzodiazépines).
Mais, aujourd’hui, face au trou de la « Sécu » (comparable « au manque chez l’addict »), la première mesure prise est de dérembourser ces remèdes au motif que leur action sur l’organisme ne serait pas démontrée…
« Faux » déclare Jean-Didier Vincent. « Car ces produits avérés sans effets nocifs ne sont pas sans action » et leurs effets sont devenus visibles au sein de la population. Le problème de fond a largement dépassé le volet financier, c’est un problème de dépendance, « c’est dans les structures profondes du cerveau que siègent les mécanismes de cette contrainte par corps ».




