Dans le débat passionné que génèrent le tabac et le tabagisme – débat qui reflète les contradictions de notre société – se détachent des personnages atypiques. Ainsi de l’avocat américain Ronald Motley, décédé le 22 août dernier, figure de proue des « class action » (recours collectifs), notamment sur le dossier de l’amiante et contre le secteur du tabac.
« Un redresseur de tort redouté des puissants, mais aussi un milliardaire enrichi de sa lutte contre leurs abus, un fêtard invétéré en même temps qu’un professionnel de légende » : le portrait est posé dans le quotidien Le Monde daté du 4 septembre.
Le plus grand titre de gloire de Robert Motley aura été d’obtenir gain de cause contre les cigarettiers américains, qu’il fit condamner en 1998 – au nom des Etats fédéraux se plaignant d’avoir à supporter les dépenses de santé dues au tabagisme – à une somme colossale de 246 milliards de dollars, payable sur les vingt-cinq années suivantes.
Son cabinet, selon la presse américaine, aurait engrangé à cette occasion 2 milliards de dollars d’honoraires. Il est devenu ainsi un personnage de cinéma, campé par l’acteur Bruce Mc Gill, dans le film The Insider de Michael Man (1999) mettant journalistes et avocats aux prises avec l’industrie du tabac.
Travailleur acharné, Motley va adopter un style de vie aussi luxueux qu’extravagant, avec un penchant notoire pour la fête et la boisson qui ne l’empêchaient pas de plaider avec brio.




