
Jusqu’à quatre ans de prison ferme ont été requis, ce 27 juillet, devant le tribunal de Bourges.
Cinq prévenus de 20 à 26 ans comparaissaient pour trafic de cigarettes contrefaites et, occasionnellement, de cannabis. Un commerce qui a duré plus d’un an sur Vierzon, entre février 2025 et fin mars 2026.
Nous reprenons l’information de Michel Benoit sur ICI Bourges.
Trois prévenus ont comparu dans le box des accusés puisqu’ils sont en détention provisoire, les deux autres étant libres, sous contrôle judiciaire.
Ils pratiquaient des tarifs défiant toute concurrence, mais pour un tabac de mauvaise qualité. Environ 50 euros la cartouche de dix paquets de fausses Marlboro, alors qu’un seul paquet vaut 13,50 euros.
Ils avaient même imprimé des flyers et faisaient de la publicité sur les réseaux sociaux. C’est ce qui les a perdus.
C’est à la suite d’un signalement des buralistes du Cher que le cigarettier Philip Morris a missionné un détective privé, qui s’est fait passer pour un client. Une enquête a alors été ouverte.
Un an d’écoutes, de filatures et la découverte de 1 371 cartouches de cigarettes dans un garage, ainsi que de 27 000 euros en liquide… Garage loué par un habitant de Vierzon que les enquêteurs désignent comme l’organisateur de ce trafic en bande organisée.
Il administrait plusieurs comptes Internet où l’on pouvait passer commande. 150 euros seulement pour trois cartouches. Selon les gendarmes, les livraisons se faisaient à domicile ou sur des parkings de supermarchés.
L’homme se défend : « J’aime bien faire des tours en voiture, c’est tout. » Il noie le poisson alors que la présidente l’asticote pendant deux heures. Il reconnaît à peine quatre ou cinq clients, alors qu’on relève des centaines de contacts sur les sites. Mais peu de preuves de transactions, finalement.
Pour la défense, le dossier est creux, malgré ses trois mille pages.
« Où est la bande organisée ? », questionne maître Cyril Garcia : « L’effet soufflet ! J’aime bien cette expression pour démontrer que, malgré les 3 000 pages, il n’y a rien de probant dans le dossier. C’est pourquoi je demande la relaxe sur certains chefs d’accusation. Je pense qu’il s’agit plutôt d’un business entre copains. Le volume de la saisie est important, mais dire qu’il y avait une bande organisée, c’est autre chose. Une instruction aurait permis de déterminer les rôles de chacun plus précisément. Cela aurait été une bonne chose. L’enquête a commencé par un trafic de cigarettes et ensuite, après la découverte de stupéfiants, ils ont mélangé les deux, et ce n’est pas une bonne chose parce que, finalement, on brouille les pistes. »
Le tribunal dira, ce 29 juillet, s’il a été convaincu par les explications pour le moins imprécises des prévenus ou s’il s’agit, à ses yeux, d’un simple écran… de fumée.
(Voir aussi les 9 mai 2026 et 2 mai 2026 / Cher)




