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28 Juil 2026 | Trafic
 

Interdite en France depuis le 26 février 2025 (voir le 14 février 2025), la cigarette électronique jetable, ou « puff », continue de circuler. Vente sur les réseaux sociaux, revente entre jeunes, commerces mis en cause : notre enquête retrace ces circuits d’approvisionnement illégaux.

C’est ainsi que commence un article du Patriote-Val de Saône, signé Stephen Massima, le 27 juillet, que nous reprenons.

Trouver une puff par Snapchat

Il est un peu plus de 13 heures lorsque nous rencontrons un adolescent aux abords de la rue Nationale à Villefranche-sur-Saône. D’abord méfiant, le jeune finit par accepter de témoigner sous couvert d’anonymat.
Selon lui, il suffit de connaître le bon compte sur Snapchat pour entrer en contact avec un vendeur. Devant nous, il recherche un profil qu’il dit utiliser régulièrement. Quelques minutes après l’envoi d’un message, une réponse arrive. Le vendeur transmet immédiatement une localisation, pensant avoir affaire à un client. Nous décidons de nous rendre sur place.

Au pied d’un immeuble, le rendez-vous est rapide. À peine arrivé, le vendeur pose une seule question : « Tu veux pour combien ? » Lorsque nous révélons notre identité de journaliste et l’interrogeons sur son activité, son attitude change aussitôt. Il refuse de poursuivre la conversation. Avant d’y mettre fin, il évoque toutefois plusieurs références de puffs aux arômes sucrés : Hawaii, Black Red Raspberry, Love66 ou encore Frizzy Cherry Cola, proposées entre 9 et 30 euros l’unité.

Une autre piste nous est indiquée : celle des commerces de tabac

Plusieurs jeunes rencontrés aux abords de la rue Nationale affirment que certains commerçants vendraient discrètement des cigarettes électroniques à des mineurs. D’abord réticent, un buraliste caladois nous renvoie vers Internet avant d’accepter finalement de répondre à quelques questions. Il assure respecter strictement la réglementation : « Je n’en vends pas aux mineurs. C’est interdit. Regardez le panneau -18 ans. »

Après avoir insisté, le professionnel explique commercialiser différentes marques de cigarettes électroniques, entre 3,99 et 50 euros. Selon lui, la clientèle est variée : « Il y a beaucoup de demandes. Certains viennent pour arrêter la cigarette traditionnelle. » Et il affirme n’en vendre aucune aux jeunes de moins de 18 ans.

Au-delà des commerces déclarés, plusieurs témoignages décrivent un système plus discret. Des adultes achèteraient des produits pour les revendre à des mineurs. D’autres jeunes demanderaient à des majeurs d’effectuer l’achat à leur place. Certains évoquent même des livraisons à domicile organisées via les réseaux sociaux.

Ces pratiques alimenteraient un marché parallèle difficile à quantifier. Dans une enquête menée par la Fédération des buralistes, des visites mystères réalisées dans plus d’un millier d’épiceries de nuit montrent que près d’une sur trois proposerait encore des puffs malgré leur interdiction.

Dans le Rhône, l’organisation estime qu’environ 15 % des commerces de nuit continueraient à en vendre.