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28 Fév 2016 | Pression normative, Vapotage
 

Buralistes carotte-tabac-e-cigaretteUne politique de gribouille ?Aujourd’hui, on dirait du « grand n’importe quoi ».

En tout cas, il s’agit d’une politique où l’improvisation le dispute assez à la précipitation pour que ses résultats soient le contraire de ce qui était annoncé.

À force de conjuguer études et recommandations contradictoires, les politiques assurant encore un semblant de responsabilité dans notre pays se révèlent rétifs à trancher et à dessiner une ligne cohérente pour fixer un cadre réglementaire stable à la cigarette électronique.

••• Ceci, bien souvent contre l’avis de tous les professionnels concernés – buralistes, responsables de boutiques et aussi … tabacologues de terrain – attestant, avec l’expérience de quelques années, qu’un nombre non négligeable de fumeurs traditionnels se tournent vers le vapotage en vue de moins utiliser la cigarette traditionnelle, voire s’en passer.

Et, sans même parler de chiffres, avec suffisamment de succès pour que cela doive retenir l’attention, en cette période où la lutte contre le tabagisme est désignée comme une priorité absolue de santé publique. C’est bien pour cette raison que l’on nous impose le paquet neutre, n’est-ce pas ? Ou alors, on n’a rien compris.

••• Ceci, alors que le nombre d’avis autorisés concluant à la nettement moins grande nocivité de la cigarette électronique – on va dire les choses comme cela – surgissent de partout.

Le dernier exemple n’étant pas le moindre, puisqu’il s’agit d’une opinion développée par le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) qui reconnaît la cigarette électronique comme « un outil d’aide au sevrage tabagique » (voir Lmdt du 24 février).

••• Alors, où en sommes-nous de la nouvelle réglementation, à venir tout prochainement ? En principe avec une entrée en vigueur le 20 mai (et au-delà des changements induits sur les caractéristiques de certains produits, dans le cadre de la directive européenne).

•• Toute publicité extérieure va être interdite. Plus de campagnes TV, ni affiches ou pubs dans les journaux, par exemple. L’alcool ne connaît pas un tel régime sec.

•• Certes, la PLV à l’intérieur des magasins reste autorisée : chez les buralistes ou dans les boutiques spécialisées. Mais deux problèmes délicats se posent :
. quid des vitrines donnant à l’extérieur et présentant des cigarettes électroniques ? On n’en sait encore rien. Alors que l’enjeu est très important dans certains points de vente ;
. quid des enseignes commerciales et autres signalétiques ? Comme le sticker « Ici, cigarette électronique » arboré par les buralistes. Il semblerait qu’il reste autorisé. Mais à condition que l’intitulé évolue en « dispositif électronique de vapotage » (sic), selon une source de la Direction générale de la Santé (DGS).

•• En même temps, concernant l’achat de systèmes ou liquides de vapotage sur Internet, rien de concret à l’horizon. Alors que l’on peut légitimement se poser, dans ce contexte, la question de la stricte application de l’interdiction de vente aux moins de 18 ans.

•• Et puis, il semblerait que l’on va confirmer pour de bon la prohibition du vapotage dans tous les lieux collectifs fermés, y compris dans les bars, restaurants et discothèques. Alors que c’est justement dans l’ambiance de ces établissements que le fumeur de cigarettes, en voie de désaccoutumance, aura le plus besoin du soutien du vapotage !

La clarté s’impose : si la cigarette électronique peut être considérée comme « un outil d’aide au sevrage tabagique », il faut la promouvoir, en faire la publicité. Quitte à la vendre dans des conditions réglementées.

Et non pas la condamner à l’incertitude juridique perpétuelle sous prétexte d’une « gestuelle » et d’une consonance dans les appellations alimentant les cauchemars des tenants d’un anti-tabagisme primaire et hors du temps.