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19 Fév 2022 | Profession
 

À l’approche du printemps, le service de la Direction de l’urbanisme de la ville de Paris et les mairies d’arrondissement étudient les centaines de demandes d’installation de terrasses déposées par les cafés et restaurants parisiens.

L’an dernier, 12 000 « terrasses éphémères » (selon la mairie de Paris) avaient poussé un peu partout jusqu’à fin octobre. Et le dispositif a, depuis, été entériné pour la saison 2022 du 1er avril au 31 octobre. Selon Le Parisien, depuis plusieurs semaines, les dossiers affluent à la mairie de Paris.

•• Le 27 janvier, l’Hôtel de Ville a adressé un courrier aux maires d’arrondissement pour que leurs avis favorables ou défavorables soient envoyés au cabinet d’Olivia Polski, adjointe (PS) à la maire de Paris en charge du commerce.

« L’année dernière, nous avons agi pour la survie des restaurateurs. Cette année, nous voulons pérenniser donc cela passe par de la régulation. Nous connaissons bien les points de crispations sur les différents lieux des arrondissements. Nous serons équilibrés dans nos décisions. Chaque situation sera étudiée. Nous avons demandé aux maires d’arrondissement de justifier leurs éventuels refus de manière objective », explique-t-on au cabinet d’Olivia Polski.

•• Dans les mairies d’arrondissement, la prudence est de mise. Nombre de maires ont eu à gérer l’été dernier le ras-le-bol des riverains qui n’en pouvaient plus des nuisances sonores. Pas question de remettre le couvert une seconde année.

Exemples. Dans le 9ème, sur 270 dossiers complets, la maire a donné son feu vert à 80 établissements tandis que 54 ont essuyé un refus de sa part. Motifs invoqués par Delphine Bürkli : les terrasses occupaient une zone de livraison, le linéaire dépassait la façade, contre-terrasse de l’autre côté de la chaussée jugée trop dangereuse pour le personnel ou encore demandes émanant d’établissements signalés pour nuisances répétées l’été dernier.

« Dans toutes les rues étroites du 6ème comme rue Mazarine, j’ai dit non aux terrasses : le bruit y résonne trop », indique aussi Jean-Pierre Lecoq le maire (LR).

Il faut dire que les collectifs de riverains ont mis la pression sur leurs maires. « Certains établissements ont fait n’importe quoi et continuaient d’exploiter leurs terrasses au-delà de 22 heures : on peut comprendre les riverains », concède Marcel Benezet, du GNI-Synhorcat (Syndicat national des hôteliers restaurateurs cafetiers traiteurs).

•• À partir de cette année, pour limiter les abus et mieux encadrer les terrasses estivales, le règlement des étalages et terrasses modernisé l’été dernier est censé être scrupuleusement respecté dès le 1er avril.

Le Synhorcat est même prêt à proposer un système de sanctions pour les gérants qui ne respecteraient pas le règlement. « S’ils dépassent l’heure limite, ils sont interdits de terrasse pendant quinze jours. Et s’ils recommencent, ils sont définitivement interdits de terrasse » imagine Marcel Benezet.