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15 Août 2021 | Observatoire
 

Près de Montreux, au pied des Alpes suisses, Alexandre Lacarré (Pdg de Phytocan) cultive sur près d’un hectare des plants de cannabis et exporte des produits à base de CBD. Une activité tout à fait légale ici.

Dans un reportage du Point, il détaille son incompréhension sur la position française … en duo avec Aurélien Delecroix, président du Syndicat du chanvre français. Extraits.

•• « La frontière avec la France est juste à côté, mais on doit passer par le Luxembourg pour dédouaner nos produits » peste Alexandre Lacarré. « Jusqu’à il y a un an, tout se passait bien, Mais d’un coup, les douaniers se sont durcis et nos colis ont été saisis. On ne passe pas par le Luxembourg pour payer moins cher, juste pour pouvoir travailler sans incertitude. »

Dans un nouveau projet d’arrêté transmis fin juillet à la Commission européenne pour examen (voir 22 juillet), la France maintient sa volonté d’interdire les fleurs de CBD : « soit on autorise tout, soit on n’autorise rien » s’agace-t-il.

•• Aurélien Delecroix s’oppose au projet d’arrêté  : « dans les pays qui l’ont autorisé, l’arrivée du CBD n’a pas complexifié la lutte contre les stupéfiants », martèle-t-il, « ces marchandises-là vont continuer d’arriver sur le territoire français, et les forces de l’ordre n’auront pas les moyens de les contrôler ». Quant à l’argument de santé publique, « dans ce cas-là, pourquoi ne pas interdire le tabac et toutes les autres plantes autorisées à fumer en France ? ».

•• Il souligne que, « sur le terrain, on voit beaucoup de clients pour qui la fleur de CBD est un substitut au cannabis récréatif : l’État a un moyen non répressif de lutter contre le trafic de drogue ». Il dénonce « une posture du gouvernement qui cherche juste à gagner du temps, car il pense qu’il ne peut pas à la fois tenir un discours dur contre le trafic de stupéfiants et autoriser le CBD ».