Mondial Relay a annoncé arrêter de travailler avec une partie de ses commerçants partenaires, sans en préciser le chiffre, mais expliquant vouloir « rationaliser » et « optimiser » le nombre de relais commerçants (voir 23 et 27 mars).
Une annonce accueillie avec une certaine angoisse par les commerçants, dont certains ont déjà reçu un courrier recommandé leur annonçant la fin de collaboration. Exemple en Seine-Maritime avec ici Normandie.
•• Certains commerçants de Barentin (17 kilomètres de Rouen) partagent un message sur les réseaux sociaux appelant à boycotter les lockers de Mondial Relay. La patronne d’un bar-tabac, depuis l’installation de cette machine automatique, ne traite plus que 50 colis par jour, au lieu de 150.
« Cela nous a mis une belle claque. Je trouve que c’est gonflé : ils ont bien su nous trouver quand ils avaient besoin de se lancer, et maintenant, on est remplacés », explique-t-elle, derrière son bar, « cela me permettait de dégager un demi-smic, maintenant, on le divise par deux. »
Sans compter les achats annexes : environ 6 clients sur 10 achètent quelque chose dans son bar-tabac, en même temps qu’ils viennent chercher leur carton. Elle ne sait pas encore si Mondial Relay va cesser de travailler avec elle. « Si cela nous arrive, il y a des clients que je ne verrai plus, la vente va baisser c’est obligé. »
•• Pour un bar PMU à Yerville (petit village à 18 kilomètres), c’est pratiquement une histoire de vie ou de mort. Sans les colis, c’est un quart du salaire du patron qui s’envole, alors il espère ne pas être concerné, malgré le locker construit, là aussi, tout près de son commerce.
« Là, c’est la mort du petit commerce » se lamente-t-il, « les lockers, ce n’est que pour les grosses enseignes, s’ils nous arrêtent, c’est la clé sous la porte. » Il y a trois mois, faute de clients, sa femme a arrêté de travailler dans le bar pour trouver un autre emploi. Depuis quelques jours, c’est donc l’angoisse de recevoir le courrier du logisticien.




