
Depuis plusieurs mois, un changement me frappe.
La proposition d’une « génération bannie » du tabac (voir les 2 et 3 juillet 2026), l’extension du paquet neutre au vapotage et les campagnes menées par des associations comme Contre-Feu (voir 5 juillet) illustrent une évolution profonde du débat.
Nous ne sommes plus seulement dans un échange d’arguments scientifiques, sanitaires ou économiques.
Nous sommes entrés dans un débat polémiste et politique.
C’est ainsi que débute une communication, sur LinkedIn, de Cyrille Geiger (ancien buraliste innovant, formateur et entrepreneur / voir 25 juin et 11 juin 2026).
Ces choix sont assumés et donc légitimes. Dans une démocratie, chacun est libre de défendre ses idées, d’influencer le débat public et de convaincre les responsables politiques.
Mais si le débat change de nature, la réponse des buralistes doit, elle aussi, évoluer.
Les buralistes n’ont pas de couleur politique. Ils travaillent avec tous les gouvernements, appliquent les lois votées par le Parlement et assurent chaque jour des missions de service public, quelles que soient les majorités.
En revanche, ils ont un instinct de survie.
À l’approche des prochaines échéances présidentielles et législatives, il me semblerait légitime que notre organisation professionnelle demande à chaque parti politique et à chaque candidat de préciser clairement sa position sur les sujets qui engagent l’avenir de notre profession. Chaque refus de se positionner devant être interprété comme un positionnement hostile au seul réseau de commerçants encore présent sur tout le territoire.
Chaque parti, chaque élu, chaque candidat doit répondre à quelques questions légitimes :
- Soutient-il le principe d’une « génération sans tabac » ?
- Est-il favorable à l’extension du paquet neutre au vapotage ?
- Quelle place accorde-t-il à la nécessité de pouvoir mesurer de façon objective la politique de réduction des risques ?
- Comment entend-il lutter contre les marchés parallèles ?
- Quelle vision porte-t-il pour le réseau des buralistes et, plus largement, pour le commerce de proximité ?
Ces questions méritent des réponses publiques circonstanciées.
Les buralistes ne peuvent plus se contenter de promesses.
Ils attendent des positions claires, mais surtout des actes.
Les prochaines échéances budgétaires constitueront un premier test de cohérence entre les discours et les actes de nos élus. C’est à cette occasion que chacun pourra mesurer si les engagements affichés se traduisent réellement dans les décisions.
Dans une démocratie, les associations assument leurs campagnes.
Les élus assument leurs votes.
Les candidats assument leurs programmes.
Les buralistes, eux, assumeront leurs choix d’électeurs.
La démocratie ne consiste pas seulement à solliciter les suffrages.
Elle implique aussi de rendre des comptes à celles et ceux qui vivent, investissent et entreprennent sous l’effet des décisions publiques.
Être apolitique ne signifie pas être politiquement absent.
Cela signifie parler à tous, n’être l’obligé de personne… et demander des comptes à chacun.




