
J’ai participé au Forum de la vape organisé par la Confédération des buralistes. Je suis Cyrille Geiger.
J’accompagne le marché de la vape depuis près de vingt ans.
D’abord comme buraliste, ensuite comme élu professionnel et aujourd’hui comme consultant et formateur auprès de nombreux détaillants partout en France.
Le texte qui suit n’engage que moi.
C’est ainsi que débute une tribune de Cyrille Geiger (ancien buraliste innovant, formateur et entrepreneur) que nous reprenons.
Je me considère avant tout comme un contributeur exigeant de ce marché. J’en analyse les forces comme les faiblesses et je reste en permanence à la recherche d’opportunités pour cette filière.
Ce que je retiens de cette journée est finalement assez simple.
Pour la première fois depuis longtemps, j’ai eu le sentiment qu’une majorité d’acteurs avançait dans une même direction : défendre la vape comme une alternative crédible aux produits du tabac combustibles, dont la nocivité est largement inférieure à celle du tabac fumé, en construisant une filière plus responsable, plus structurée et plus exigeante.
L’idée d’une démarche d’agrément, du fabricant jusqu’aux distributeurs, a traversé de nombreux échanges. Sous des formes parfois différentes, elle traduit une même ambition : démontrer que la filière est capable de s’organiser elle-même avant que d’autres ne le fassent à sa place.
Parmi les initiatives présentées figurait celle de la Confédération des buralistes : « Alter Natives ».
Au-delà du jeu de mots, il y a un rappel utile.
Car au fond, tout l’enjeu de la filière tient dans les alternatives.
Alternatives aux produits du tabac combustibles.
Alternatives à un débat public de plus en plus enfermé dans l’interdiction systématique.
Et peut-être surtout, alternatives aux querelles de clocher qui fragilisent une filière dont l’avenir est désormais largement commun.
Car le contexte a changé ces dernières années.
La menace n’est plus seulement concurrentielle.
Elle est désormais réglementaire.
L’urgence n’est plus économique.
Elle est désormais politique.
Paquet neutre, restrictions sur les saveurs, nouvelles contraintes de commercialisation : les décisions qui seront prises dans les prochains mois pourraient remettre en cause l’existence même de la filière vape européenne.
Face à cela, la filière a la responsabilité de proposer une voie crédible, exigeante et responsable.
Mais soyons honnêtes.
Nous n’avons pas encore réussi à réunir autour de la même table tous les acteurs de cette filière, notamment les vape shops.
Je le regrette.
Car les défis qui arrivent concernent tout le monde.
Car une démarche d’agrément n’aura de sens que si elle est débattue, enrichie et construite collectivement.
Fabricants, vape shops, buralistes, distributeurs : personne ne détient seul la légitimité de l’avenir de cette filière.
La réalité est d’ailleurs plus complexe qu’on ne le présente parfois.
Les industriels du tabac sont aussi devenus des acteurs mondiaux de la vape. Les acteurs indépendants de la vape ont leurs propres convictions et leurs propres intérêts. Certaines visions ne coïncident pas toujours.
Mais aucun ne pourra durablement prétendre construire seul l’avenir du secteur.
Nous ne pouvons pas nous offrir le temps de nouvelles défiances.
Car les défis qui arrivent d’ici la fin de cette année sont trop importants.
À mes yeux, un premier grand pas a été fait.
J’espère sincèrement qu’il trouvera un écho auprès de celles et ceux qui, dans les vape shops comme ailleurs, considèrent que l’avenir de la filière vaut mieux que ses divisions.
Le sujet n’est plus de savoir qui gagnera quelques points de parts de marché supplémentaires.
Le sujet est de savoir si nous serons suffisamment intelligents pour parler d’une seule voix face à la tentation politique de réponses aussi radicales que simplificatrices.
Nous avons encore le choix.
Celui d’être les bâtisseurs d’une filière responsable, crédible et durable.
Ou celui d’en devenir les témoins impuissants de sa disparition programmée.
Le choix nous appartient peut-être encore.
Pour combien de temps ?




